La Direction de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs d’Alger (DJSL) a proposé aux estivants, durant tout le mois d’août sur différentes plages algéroises et jusqu’au 4 septembre à Aïn Benian (20 kilomètres à l’Ouest d’Alger), une caravane des sports nautiques et subaquatiques. Reportage.

Plage El Djamila, ex-La Madrague, vendredi après-midi. Autant dire qu’il n’est pas évident de se frayer un chemin au milieu des parasols et de tous les estivants venus profiter une dernière fois du soleil du mois d’août. Et pourtant, à l’extrémité Est, coincés près des rochers, les animateurs de la caravane des sports nautiques ont réussi à installer leurs chapiteaux et à sortir quelques optimistes.

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Depuis le 6 août et jusqu’au 4 septembre, ils se déplacent de plage en plage sur le littoral algérois, ciblant en particulier les banlieues populaires. Après avoir débuté à Tamentfoust (ex-La Pérouse), ils ont pris leurs quartiers à la Promenade des Sablettes de Hussein Dey, avant d’effectuer un bref passage à Kittani (Bab El-Oued), puis de clôturer leur tournée sur la célèbre plage d’Aïn Benian. L’initiative est renouvelée chaque été depuis trois ans, mais c’est la première fois qu’elle prend une telle envergure, avec tous les sports nautiques et subaquatiques proposés sur un même site pendant près d’un mois -voilier, planche à voile, aviron, canoë-kayak, plongée, kitesurf, matelotage ou encore sauvetage.

« L’impact est beaucoup plus important avec cette nouvelle formule, » se félicite Hadia Bentaleb, chargée des événements sportifs à la Direction de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs d’Alger (DJSL), organisatrice de l’événement. « Le but est triple : animer les plages pendant les vacances, vulgariser des sports trop souvent méconnus, et démocratiser leur accès au maximum. Les gens sont toujours réticents les premiers jours, parce qu’ils croient que les activités sont payantes. Mais tout est pris en charge par la DJSL, et entièrement gratuit. »

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Pas facile pour les animateurs de la caravane des sports nautiques de développer leurs activités sur une plage El Djamila bondée pour le dernier vendredi du mois d’août.

11 000 bénéficiaires en trois semaines

Car une fois les premières hésitations surmontées, l’engouement est bien là. Le stand de voile, qui propose des balades en caravelle et des initiations à la planche à voile, a par exemple comptabilisé plus de 11 000 bénéficiaires en une vingtaine de jours -parmi lesquels un tiers de filles. Un vrai succès pour la Ligue de Voile d’Alger (LVA), partenaire de l’événement, qui a déjà récolté quelques 25 nouvelles inscriptions pour la saison prochaine, rien qu’à Tamentfoust, l’un de ses 14 clubs. Et qui espère bien lancer deux nouvelles structures, à Hussein Dey et à Aïn Benian.

« Les gens sont habitués à la mer à Alger, mais la plupart ne sont jamais montés sur un voilier, » confie Naguib Pacha, directeur financier et administratif de la LVA. « Nous avons d’abord tout un travail de pédagogie à fournir pour démontrer que la voile n’est pas réservée aux riches, mais que c’est un sport accessible à tous, » ajoute le jeune homme en précisant que la licence coûte moins de 200 dinars l’année.

Les sponsors privés étant quasiment inexistants pour le moment, la majeure partie des fonds proviennent de financements publics. L’augmentation du nombre de licenciés, 800 actuellement, est alors une condition sine qua non du développement de la voile en Algérie. D’où l’importance d’opérations de communication comme la caravane des sports nautiques, surtout que les moyens manquent et qu’il existe actuellement un réel déficit d’embarcations plus importantes de type « laser ». Cela freine les performances des athlètes algériens sur la scène internationale, car la plupart n’ont pas régulièrement ce genre de bateaux à disposition pour s’entraîner, et doivent souvent en emprunter à la dernière minute lors des compétitions à l’étranger.

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La délégation de la Ligue algéroise d’aviron et de canoë-kayak, elle aussi partenaire fidèle de l’événement, qui compte au total 500 licenciés répartis sur 4 clubs.

« Sortir au lieu de voyouter »

Si le public a été au rendez-vous pendant tout le mois d’août, la météo beaucoup moins, avec notamment beaucoup de vent. Heureusement cela ne perturbe pas les sports de glisse ou de voile, bien au contraire, et l’aviron ou la plongée peuvent prendre le relais dès que la mer se calme. Quelques incidents sont tout de même à relever, comme une vingtaine de personnes sauvées de la noyade par les équipes de la LVA, après avoir pris la mer par drapeau rouge. De même, les équipements laissent parfois à désirer, comme le nombre insuffisant de toilettes aux Sablettes, ou encore les travaux à Kittani, qui ont contraint la caravane a déménager au bout de deux jours, sans avoir pu mettre en place ses activités de façon satisfaisante.

« En tous les cas c’est une bonne initiative, » conclut Sidali, 68 ans, venu passer un des derniers jours de vacances à la plage avec ses deux petites-filles. « Ça permet à nos jeunes de sortir, au lieu de voyouter dans leur quartier. »

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Farès, 15 ans, membre de l’équipe nationale d’optimiste, 2e de la 4e étape du championnat de voile d’Alger ce vendredi à la Madrague.

Caravane des sports nautiques et subaquatiques, plage El Djamila de Aïn Benian, 10h-18h, tous les jours jusqu’au jeudi 4 septembre.