Le long de la Tweed, frontière d’eau qui sépare l’Ecosse et l’Angleterre sur plusieurs kilomètres, rien n’indique qu’un événement historique est sur le point de se produire. En cette fraîche matinée de septembre, veille de référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, le long fleuve, bordé par deux rives sur le point, peut-être, de divorcer, coule, imperturbable. Les pêcheurs continuent de guetter les saumons, profitant du mince rayon de soleil qui darde à travers la brume et illumine au-dessus de leur tête le vieux pont de Coldstream, l’arche qui enjambe la Tweed pour relier les deux pays.

Dans cette paisible région des Borders, la frontière d’aujourd’hui – établie lors des Actes d’Union, en 1707 –, longue de 154 kilomètres, n’en est pas vraiment une : on la franchit tous les jours, sans même s’en rendre compte. Ici, un quart des habitants sont anglais, et de nombreux Ecossais habitent ou travaillent de l’autre côté. Le fog enveloppe les pâturages sans distinction. Et les moutons paissent de part et d’autre. Il n’y a peut-être que l’accent des Ecossais, moins nasillard que celui des voisins du Sud, qui permette de situer de quel côté du pont on se trouve.

Lovée à la sortie de Coldstream, juste avant le panneau « Bienvenue en Ecosse », se trouve une maisonnette en briques grises, célèbre dans toute la région : la maison des mariages. Du XVIIIe au XIXe siècle, de jeunes couples, souvent illégitimes, venaient y sceller leur union en cachette pour échapper à la loi maritale anglaise, beaucoup plus rigoriste. Bill et Audrey Roue, couple…

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Revue de presse. A l’heure du référendum, reportage dans un village à la frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre
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