Interdit de toute activité politique, Ali Benhadj continue de défier les autorités algériennes. Outre sa participation à des manifestations publiques, à chaque fois que l’occasion lui est offerte, l’ex-numéro 2 du Front islamique du salut (FIS), le parti islamiste dissout, il continue de diffuser ses analyses politiques sur YouTube.

Pas plus tard que vendredi dernier (26 septembre), Benhadj s’est adressé aux internautes algériens dans une vidéo d’une quinzaine de minutes reproduisant une partie de son prêche donné dans une mosquée algéroise. Entouré d’une quinzaine de ses fidèles, Ali Benhadj condamne les attaques contre des cibles de Daech  en Irak et en Syrie, notamment celles menées par « les pays arabes et musulmans ». Il appelle même à demi-mot à soutenir les « frères combattants » de Daech. « Ces jeunes [les djihadistes de Daech] qui se font tuer et bombarder maintenant, ils ont abandonné leurs enfants, leur foyer, leur femme, leurs parents. Vous [les savants musulmans] auriez dû nous appeler à les soutenir en tant que frères [des musulmans] », prêche-t-il. Est-ce un appel à peine voilé au djihad sous la bannière de Daech ? La question se pose sérieusement.

Vers la fin de la vidéo, il évoque l’affaire de l’assassinat du touriste français, Hervé Gourdel, sans pour autant le citer nommément. « Ces montagnes de l’Algérie où l’on dit qu’un tel a été tué, la France aussi y assassinait des Algériens », déclare-t-il. De nombreux internautes ont interprété ces propos comme « un cautionnement » implicite de ce crime d’une sauvagerie inouïe, revendiqué par Djound El Khilafa (soldats du Califat), la filiale algérienne de Daech.

Le prédicateur et ancien dirigeant du FIS se montre en tout cas bel et bien conscient de la teneur de son prêche. « En disant cela, enchaine-t-il, on pourrait me dire que je suis en train de les [Djound El khilafa] bénir ». Plus loin, il tente de justifier cette « bénédiction » en mettant en cause une soi-disant propagande médiatique dont serait victime Daech : « Il y a une opacité totale, personne ne sait ce qui se passe, qui commande. Toutes les infos sur l’État islamique nous proviennent des médias. Est-ce que ces médias sont crédibles ? Sont-ils fiables ? Il ne faut surtout pas croire à leurs histoires ».

À la fin de la vidéo, le leader islamiste, promet l’enfer, « le jour du dernier jugement », aux dirigeants arabes qui se sont alliés à « des mécréants (les Occidentaux) », contre des « musulmans ». Ali Benhadj ne manque pas enfin de qualifier les dirigeants arabes « de traîtres, d’agents et d’esclaves à la solde des USA et de l’Occident ».

Yacine Omar