Au cours de leur rencontre dans la matinée de ce mercredi 22 octobre, l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, et la délégation du Front des forces socialistes (FFS), conduite par Mohand Amokrane Cherifi, ne se sont pas contentés de débattre uniquement de l’initiative de l’ancien parti d’Ait Ahmed pour une transition démocratique baptisée «Conférence nationale du consensus », mais ils ont également évoqué la crise politique qui paralyse le pays.

Dans un communiqué émis à l’issue de cette rencontre, Ali Benflis a, en effet, rendu compte de sa lecture de la crise, faite face à ses hôtes du FFS. Il affirme ainsi qu’ «un échange de vues approfondi et franc » a eu lieu «  entre les deux délégations, tant sur l’initiative elle-même que sur la crise politique d’une gravité sans précédent à laquelle le pays est actuellement confronté ».

D’après Benflis, cette situation  de crise exige « plus que jamais auparavant le rassemblement de toutes les forces patriotiques soucieuses d’engager le pays sur la voie du changement démocratique ordonné, graduel et apaisé ».

Analysant cette crise, l’ancien chef de gouvernement estime qu’ « elle englobait une crise de régime particulièrement menaçante ». D’après lui, cette dernière est « le produit naturel d’une vacance avérée du pouvoir, de la quasti-cessation d’activités des institutions de la République et de l’illégitimité de ces même institutions ». Elle représente, à ses yeux, un danger réel pour l’ « intégrité de l’Etat et pour l’unité et la cohésion de la Nation ». Pour y remédier, suggére-t-il,  il faut assurer « un traitement hautement prioritaire, une transition démocratique ». Cette transition ne peut, enchaîne-t-il, être menée que par « des autorités représentatives et légitimes », sans lesquelles « le changement de la nature du régime politique » et le « passage d’un pouvoir personnel et autocratique à un pouvoir démocratique conforme aux normes universellement admises » ne sauraient être possible.

Partant du constat que « le règlement de cette crise de régime faisait déjà l’objet d’un consensus au sein de l’opposition nationale », l’ex-candidat malheureux à l’élection présidentielle (en 2004 puis en 2014), appelle de ses vœux « à un retour à la volonté populaire souveraine au moyen d’élections préparées, organisées et contrôlées par une instance électorale indépendante, impartiale et permanente ».

« Un retour aux urnes dans ces conditions strictes de transparence, de régularité et de garantie est le passage obligé et irrécusable de la crise de régime actuelle », tranche l’ancien SG du Front de libération nationale (FLN), reconverti en « opposant ».

Yacine Omar

 

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