C’est une image rarissime. Des policiers qui crient « Dégage » devant le Palais de la Présidence à El-Mouradia, sur les hauteurs d’Alger. Mais le plus étrange encore est la présence parmi les policiers manifestants du conseiller du ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaiz. En effet, des témoins oculaires ont aperçu Djamel Bouzertini parmi les policiers qui tiennent en ce moment-même un rassemblement devant le siège de la Présidence de la République. 

Ce conseiller et haut responsable au ministère de l’Intérieur est-il en train de soutenir plusieurs centaines de policiers qui scandent « Barakat » face au Palais d’El-Mouradia ? La scène est, en tout cas, étonnante, et soulève de nombreuses questions sur les dessous de cette contestation policière. Est-ce le signe d’une décomposition interne au sein du régime algérien ? La question se pose avec acuité, d’autant plus qu’une autre partie des policiers en colère à Ghardaïa ont conclu un accord avec le même ministre de l’Intérieur pour mettre fin mardi soir à leur protestation dans les rues.

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Par ailleurs, les policiers qui se rassemblent devant la Présidence ont présenté une plateforme de revendications qui comprend pas moins de 19 doléances. Parmi celles-ci, les policiers exigent de l’État qu’il accorde « à la femme au foyer du policier une pension de 10 000 DA ». Les policiers protestataires ont réclamé également la réintégration de 6 000 policiers dans leurs fonctions. Or, la plupart de ces policiers ont été révoqués en raison de dépassement interdisciplinaires. Les manifestants ont demandé aussi des indemnités pour les policiers qui ont travaillé pendant la période où l’Etat d’urgence était instauré en Algérie ainsi qu’un salaire de base de 70 mille Da par mois. L’État va-t-il fléchir face à ces nouvelles exigences ?

Voici les 19 revendications des policiers contestataires : 

revendications poitiques - Alger : Un conseiller du ministre de l'Intérieur parmi les policiers qui crient "dégage" devant la Présidence