La gestion des déchets hospitaliers est un problème de santé publique en Algérie. Plusieurs hôpitaux déversent leurs déchets en pleine nature, au lieu de les éliminer correctement, exposant ainsi la vie des citoyens à un éminent risque pour leur santé.

La mauvaise élimination des déchets hospitaliers risque de menacer la santé publique en exposant la vie des citoyens à plusieurs infections dangereuses. Même si, selon de récents chiffres de l’Organisation Mondiale de la santé, 80% des déchets liés aux soins de santé ne sont pas dangereux, il n’en demeure pas moins que les 20 % qui restent sont potentiellement dangereux et peuvent être infectieux, toxiques ou radioactifs. Dans son bilan, l’OMS souligne que les déchets éliminés en pleine nature peuvent contenir des micro-organismes dangereux susceptibles d’infecter les patients hospitalisés, les personnels de santé et le grand public, d’où la nécessité de procéder à leur élimination de façon saine.

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En Algérie, plusieurs hôpitaux ne procèdent pas à l’élimination correcte de ces déchets, mettant ainsi en danger la santé des citoyens. Récemment, à Boumerdes, une réunion de l’Assemblée populaire de wilaya a tiré la sonnette d’alarme sur la mauvaise gestion de ces déchets déversés en pleine nature. Selon Mme Ait Ahmed Fazia, rapporteur de la commission de l’APW, ces déchets émaneraient de trois hôpitaux et quatre structures publiques de santé de proximité, ainsi que des cliniques privées et salles de soins essaimant le territoire de la wilaya, qui produit une moyenne de 500 kilos de déchets hospitaliers/jour. La situation n’est pas meilleure dans d’autres hôpitaux du pays. Dans un rapport alarmiste, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) met en garde contre la gestion anarchique des déchets hospitaliers à Chlef et le risque de contacter des maladies transmissibles pour les citoyens.

Un centre spécialisé dans le traitement des déchets, une priorité

Interrogée sur les risques infectieux liés à la mauvaise gestion des déchets hospitaliers, Dr Ouagenouni, médecin généraliste, a affirmé que plusieurs infections d’origine toxique peuvent survenir chez les personnes qui rentrent en contact avec ces produits contaminées. « Les enfants sont grandement exposés au risque de contracter des maladies infectieuses graves en manipulant des ampoules de verre  ou des seringues contaminés. Le risque est supplémentaire chez les personnes qui fouillent les ordures. Les gens qui manipulent des déchets risquent de se blesser avec une aiguille et d’être exposés à des matières toxiques ou infectieuses. », a-t-elle précisé. Pour remédier à cette situation préjudiciable à la santé des citoyens, la spécialiste a appelé à la nécessité de sensibiliser les personnes concernées à l’élimination des déchets hospitaliers correctement. « L’État devrait penser à créer un centre spécialisé dans le traitement de ce type de déchets », conseille ainsi la spécialiste.

En attendant cette structure, il serait judicieux de penser à doter les établissements de santé d’appareils de pulvérisation et de stérilisation pour ne plus jeter en pleine nature des déchets très dangereux.