Amnesty International met en garde sur le risque d’expulsion d’un jeune réfugié syrien d’Algérie.

Mustapha Albakkor, 18 ans, a fui la Syrie en 2013 pour échapper au conflit qui a commencé en 2011, et rejoint la Turquie, où il a officiellement été reconnu comme réfugié par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il s’est ensuite rendu en Algérie en août 2014, précise le communiqué d’Amnesty International publié sur son site.

Appréhendé le 18 août et placé en détention à l’Institution pénale d’El Oued, dans le nord-est du pays, le jeune homme risque d’être renvoyé en Syrie. Il a été jugé le 12 octobre dernier et condamné à une peine d’un an d’emprisonnement et à une amende de 50 000 dinars pour « être entré dans le pays avec de faux documents de voyage ». L’audience en appel est prévue pour le 5 novembre.

« À la lumière des graves violations du droit international humanitaire et des droits humains commises en Syrie, notamment des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, Amnesty International estime que ceux qui fuient la région doivent être considérés comme risquant des atteintes à leurs droits et avoir la garantie qu’ils ne seront pas expulsés de force. » L’ONG appelle le Ministre de la Justice, M. Tayeb Belaiz, et le Ministre des Affaires Etrangères, M. Ramtane Lamamra à respecter les obligations de l’Algérie de fournir une protection internationale aux personnes fuyant les graves atteintes aux droits humains et le conflit armé en Syrie, comme le prévoient la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et la Convention de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique.