Un groupe de policiers protestataires ne voulait pas quitter le rassemblement qu’ils tenaient, durant la nuit de mercredi, devant la Présidence de la république, à Alger. A notre arrivé sur les lieux, aux environs de 22h30, ils étaient plus d’une centaine. Ces policiers n’étaient pas satisfaits du résultat des négociations avec le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, tenues durant en fin d’après-midi. Ils veulent que leurs revendications soient entièrement satisfaites.

Éparpillés en groupuscules sur le gazon du jardin d’entrée de la Présidence de la république à El Mouradia, les policiers contestataires envisagent d’y passer la nuit.

Quelques instants après notre arrivée, aux alentours de 22H30, des officiers de la garde républicaine et de la police arrivent sur les lieux. Ils essaient de discuter avec les policiers frondeurs. Les officiers négocient avec les policiers en groupuscule. « Ahachmou aâla aârdhkoum, (honte à vous !) », lance d’emblée un officier de police à un groupe de contestataires, qui campe devant l’entrée de la Présidence de la république. Au bout d’une vingtaine de minutes de négociation avec ce groupe d’une vingtaine de policiers, l’officier sort du milieu du groupe et demande à un autre officier où sont les bus mobilisés pour ramener ces policiers dans leurs casernes. Deux minutes après, deux bus et un camion de police stationnent à proximité du groupe. Les policiers frondeurs hésitent encore à monter et abandonner leurs camarades protestataires. L’officier revient à la charge, montrant une mine révoltée, et lance au groupe : « Je croyais avoir discuté avec des hommes, non ? Vous allez tenir votre parole ou pas ? Je croyais avoir négocié avec des hommes de parole ! ». Profil bas, les premiers policiers montent dans les bus, suivis quelques instants après par d’autres. « Aya les jeunes, aya wlidi, montez, montez ! » L’officier négociateur dépêché sur les lieux accompagne les policiers jusqu’à la porte du bus.

Les premiers bus remplis de policiers démarrent sous les regards de leurs collègues récalcitrants. Un policier faisant partie des protestataires crient, à haute voix, à l’attention »des partants sa colère et son mécontentement face à leur «relâchement ». « Je préfère aller vendre des cigarettes et de la chique et vivre dignement que de faire un geste bas », leur lance-t-il.

Les officiers négociateurs se dirigent ensuite vers un autre groupe de policiers installé un peu plus loin. Même scénario, au bout d’une vingtaine de minutes, l’officier escorte les frondeurs jusqu’au rond-point, où deux autres bus les attendant déjà. « On reviendra peut-être demain matin. On va se concerter entre nous et on prendra une décision en attendant la réunion de dimanche », confie l’un d’eux.

Entre-temps, des dizaines d’autres policiers refusent de quitter les lieux. Un groupe d’entre-deux reste au niveau de l’esplanade de la Présidence. Le groupe d’officiers chargés de négocier pour les dissuader de continuer leur rassemblement s’avance alors vers eux.  Nous avons tenté d’assister aux négociations avec ce groupe, mais nous avons été stoppés net par des policiers en civil.

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