Un professeur d’histoire de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, dans le sud de la France, a violemment pris à partie, lundi, durant son cours, une étudiante voilée, la désignant comme « un cheval de Troie de l’islamisme ». Le professeur s’est justifié, évoquant la défense de la laïcité en France. La direction de cette école tente d’apaiser les esprits.

Incident lundi dans l’amphithéâtre de l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence. Durant un cours d’histoire, une étudiante en 1ère année de cette prestigieuse école française, vêtue d’un voile dissimulant son corps et ses cheveux, a été prise à partie par le professeur, qui l’a qualifiée devant toute sa promotion de « cheval de Troie de l’islamisme ». Vexée et humiliée, cette étudiante a quitté l’amphithéâtre sur le champ. En signe de solidarité, la moitié de sa promotion l’a suivie.

L’étudiante était pourtant dans son droit. Si la loi interdit en France tout insigne religieux, dont le port du voile, dans les écoles primaires, les collèges et lycées publics, ce n’est pas le cas dans les universités ou établissement d’enseignement supérieur, tel que l’IEP d’Aix-en-Provence. « La laïcité, ce sont des limites posées pour le bien vivre ensemble. Ce n’est pas rendre invisible sa religion. (…) Porter ce voile, c’est aussi ma liberté. Je suis juste là pour faire mes études, je préférerais qu’on me voie juste comme une bonne élève », a déploré la jeune femme dans les colonnes du quotidien régional La Provence.

« Elle me fait pitié »

Malgré la polémique qu’il a suscité dans les couloirs de cet établissement, Jean-Charles Jauffret, agrégé d’histoire et spécialiste de l’histoire militaire coloniale, ne s’est pas excusé. Le professeur a ainsi déclaré devant les caméras de France Télévisions : « Cette étudiante, je ne l’ai pas agressée, j’ai simplement fait remarquer qu’elle gênait ses camarades en amphi ». Et d’ajouter : « Elle est complètement manipulée, elle me fait pitié ».

De son côté, la direction de l’IEP d’Aix-en-Provence tente de calmer le jeu. « On recherche l’apaisement », a indiqué Christian Duval, directeur de l’IEP, précisant qu’il n’était « pas question de stigmatiser le professeur qui a un principe de liberté constitutionnelles ni l’étudiante ». « À partir du moment où on peut l’identifier, elle peut être vêtue comme elle veut », conclut-il.

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