L’Algérie célèbre mercredi 22 octobre la journée nationale de la presse. À cette occasion, le ministre de la Communication, Hamid Grine, a adressé un message aux journalistes algériens.

Le ministre de la Communication, Hamid Grine, s’est exprimé mercredi 22 octobre sur les ondes de la Chaîne 3, à l’occasion de la journée nationale de la presse. Il a appelé de ses vœux « une presse responsable qui assume son rôle d’information mais aussi sa responsabilité morale de donner une information sourcée au citoyen ».

En guise de célébration de la presse, Grine a donc asséné quelques leçons de morale aux journalistes. Il a ainsi regretté l’existence de « journaux qui empruntent des chemins de travers et de diffamation ». Certains directeurs de journaux « pensent qu’avec ces recettes faites d’insultes et de sensationnel, ils vont vendre plus », a-t-il ajouté, liant ces dérives avec la décennie noire, pendant laquelle la presse « a construit une opinion consommatrice d’attaques et de sensationnel ».

Hamid Grine a également rappelé aux journaux leurs obligations économies. Il a estimé que les créances des imprimeries publiques auprès des journaux sont estimées à 4 milliards de dinars (400 milliards de centimes). « Depuis que je suis ministre, nous avons récupéré entre 50 et 60 milliards de centimes », a-t-il indiqué, appelant les imprimeries publiques à ne plus être souples et ne faire de crédit qu’aux journaux solvables.

Hamid Grine, El Khabar et la publicité

Mr. Grine a par ailleurs profité de l’occasion pour revenir sur la question de la publicité. « Moi, en tant que ministre, je ne m’immisce jamais dans les gestions internes. L’ANEP [Agence nationale d’édition et de publicité, ndlr] est libre de donner la publicité, pas comme elle le veut, mais selon notre politique », a-t-il assuré.

Une allusion à peine voilée à la polémique qui l’oppose aux quotidiens El Khabar et El Watan. El Khabar accuse en effet le ministre d’exercer des pressions sur les grands annonceurs privés pour qu’ils cessent de placer de la publicité dans ces deux journaux. Grine a répondu à ces accusations par des reproches. « Je demande aux médias de sortir de leur mentalité d’assistés. Les annonceurs ne sont pas obligés de leur donner de la publicité. Soyez inventifs et soyez créatifs », a-t-il ainsi déclaré sur la chaine 3.

Abdelaziz Bouteflika : « participer à la promotion du métier »

La vieille, mardi 21 octobre, le président de la République a lui aussi transmis un message à la presse. Il a exhorté les journalistes à « adhérer au processus de parachèvement de l’arsenal juridique régissant le secteur de l’Information notamment pour ce qui est de leur représentation au sein de l’autorité de régulation de la presse écrite et du conseil de déontologie ». « Il s’agit pour eux de pouvoir contribuer et de participer à la promotion du métier et à la défense de leurs acquis », précise le président dans son message.

« Nous avons décrété une journée nationale pour les gens de la presse étant conscients du rôle de cette catégorie dans l’effort collectif consenti dans la construction du pays, la consécration de la liberté de la presse, la vulgarisation des idéaux de justice et de droit au sein de la société et la défense des intérêts de la patrie », a par ailleurs écrit le président Bouteflika.

« Le président de la République veut un engagement, un élan et une sincérité de la part des journalistes. Il veut des journalistes qui aiment leur pays, qui s’inscrivent dans la déontologie et l’éthique », a précisé Hamid Grine mercredi matin.

En février dernier, dans le classement 2014 de la liberté de la presse, l’Algérie s’était classée 121e sur 180. Bien que le pays ait gagné 4 places par rapport à 2013, Reporters sans frontières, l’organisation qui publie chaque année ce classement, avait estimé que la situation de la presse en Algérie est « difficile ».