L’Algérie a déploré ce jeudi l’escalade verbale avec son voisin marocain. Soit deux jours après la demande du royaume chérifien de l’ouverture d’une enquête sur un incident intervenu le 18 octobre dernier sur la frontière entre les deux pays, impliquant, selon Rabat, un soldat algérien. C’est une « mauvaise stratégie de la tension », regrette l’Algérie.

L’Algérie veut en finir avec cette polémique. Jeudi, en marge d’une rencontre avec son homologue sénégalais, Mankeur Ndiaye, le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a tenu à mettre un point final au regain de tensions entre Alger et Rabat concernant la frontière terrestre, fermée, que les deux pays partagent. Il a ainsi déclaré, dans des propos rapportés par l’APS : « Je dirais simplement que l’Algérie a dit son mot sur cette question et je réitère cette position. L’Algérie n’est pas responsable des blessures qui ont été infligées à une personne marocaine de l’autre côté de la frontière ».

Le numéro un du MAE ne semble pas comprendre le fait que le Maroc persiste à demander l’ouverture d’une enquête sur l’incident survenu le 18 octobre dernier à la frontière algéro-marocaine. Rabat a effectivement déposé une nouvelle demande mardi dernier dans ce sens afin de faire toute la lumière sur des tirs algériens visant des civils marocains, selon la version officielle marocaine. Toujours selon le gouvernement marocain, l’un de ces tirs aurait touché un citoyen marocain.

Le représentant de la diplomatie algérienne a également regretté que cet incident donne lieu à une « avalanche » de commentaires « extrêmement négatifs », « parfois malvenus », à l’égard de l’Algérie.

Les 20 ans de la fermeture de la frontière

Ce nouvel épisode de tensions entre l’Algérie et le Maroc intervient dans un contexte difficile. Rappelons en effet que les deux pays construisent une barrière de sécurité longue de plusieurs kilomètres avant d’empêcher des intrusions dans leur territoire respectif. A terme ce mur de barbelés séparera entièrement les deux pays, a-t-on appris de sources sécuritaire. La construction de cette séparation remonte à l’été dernier, alors que cela faisait exactement 20 ans que cette frontière terrestre a été maintenue fermée.

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