Ali Haddad contre Isaad Rebrab. C’est une affiche digne d’un derby footballistique. Les deux hommes d’affaires sont les deux plus grosses fortunes d’Algérie. Le premier s’est imposé grâce à ses immenses chantiers dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Le deuxième traîne derrière lui une fortune de près de 2 milliards de dollars après sa réussite dans l’agroalimentaire et l’industrie. 

Les patrons de l’ETRHB et de Cevital, les deux plus grands groupes privés en Algérie, nourrissent la même ambition : devenir le chef de tous les entrepreneurs algériens. Pour ce faire, ils doivent conquérir le trône du Forum de Chefs d’entreprises (FCE), la principale organisation patronale en Algérie. Mais ce duel n’est pour le moment pas annoncé officiellement.

En effet, seul Ali Haddad a affiché publiquement sa volonté de succéder à Réda Hamiani, l’ex homme fort du FCE. Ali Haddad étend depuis des années ses tentacules dans les arcanes du pouvoir. Il est, d’abord, le businessman  le plus proche du régime algérien. Ses amitiés avec Saïd Bouteflika et de nombreux autres acteurs du cercle présidentiel ont fait de lui un homme très influent. Propriétaire d’une chaîne de télévision, Dzair TV, et de deux quotidiens nationaux, Ali Haddad a joué un rôle clé dans le financement de la campagne électorale pour le 4e mandat. Réputé pour être un homme d’intrigues, il est accusé d’avoir joué un rôle déterminant dans plusieurs manœuvres politiciennes pour enrôler le maximum d’hommes d’affaires dans le camp des Bouteflika. Véritable capitaine d’industrie aux ambitions dévorantes, Ali Haddad étend son pouvoir, et sa fortune, à une vitesse impressionnante.

A l’opposé d’Isaad Rebrab qui s’est éclipsé ces 4 dernières années. La plupart de ses investissements comme le fameux Port de Cap Djenet ou le complexe sidérurgique de Bellara à Jijel, ont été ralentis ou empêchés par les autorités politiques. Le premier Algérien a faire son entrée dans le club très fermé des milliardaires africains de Forbes ne semble plus être dans les bonnes grâces du régime algérien. Bien au contraire, il a affiché son opposition à la réélection d’Abdelaziz Bouteflika et à la reconduction du statu-quo en quittant précipitamment le FCE en pleine compagne électorale. Il avait, d’ailleurs, à l’époque insinué qu’il était victime de pressions politiques fomentées et alimentées par son concurrent, et désormais ennemi, Isaad Rebrab.

De nombreuses sources au sein du FCE et plusieurs entrepreneurs algériens très informés des dessous des tractations économiques avouent qu’une véritable guerre oppose les deux hommes. Selon nos sources, Rebrab a été sollicité par de nombreux membres du FCE qui refusent de voir leur organisation devenir un simple satellite du  régime sous la coupe d’Ai Haddad. Mais le patron de Cevital n’a pas fait connaître ses intentions officiellement. Il conduit juste clandestinement des tractations avec ses principaux soutiens pour réfléchir sur la position à adopter avant la clôture des dépôts de candidatures, prévue pour le 26 ou le 27 du mois en cours.

Il faut savoir que Rebrab n’a jamais déposé sa lettre de démission au FCE.  Il a uniquement gelé ses cotisations, nous apprennent nos sources. Pour être à nouveau éligible, il lui suffit de mettre à jour ses cotisations. En plus, les 40 signatures nécessaires pour soutenir une candidature au poste de président du FCE ne causent aucun problème à Rebrab. Nos sources assurent que ces signatures ont d’ores et déjà été réunies. Selon d’autres indiscrétions, Rebrab risque d’annoncer sa candidature dans les jours à venir. Quoi qu’il en soit, le match Isaad Rebrab Vs Ali Haddad semble avoir bel et bien commencé.

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