Abdou-Semmar1

Au moment où les Algériens recherchent encore leur Président porté disparu, les Brésiliens élisent leur nouveau Président. Au moment où les Algériens se posent des questions sur l’état de santé de leur chef d’État, les Brésiliens redoublent d’ingéniosité pour renforcer la puissance politique et économique de leur pays, qui a abandonné son statut de pays en développement et s’achemine vers celui de pays développé.

Au moment où les Algériens importent encore du pain des Émirats, les Brésiliens consolident leur place de 4e puissance agricole du monde. Au moment où les Algériens cherchent des solutions pour réduire leurs importations, les Brésiliens accomplissent un boom économique qui a sorti des millions de personnes de la pauvreté. Au moment où les Algériens n’arrivent toujours pas à relancer leur industrie nationale, les Brésiliens percent dans l’industrie aéronautique et l’entreprise brésilienne Embraer est devenue le 4e avionneur mondial. Au moment où les Algériens autorisent l’aviation française à bombarder le nord du Mali, les Brésiliens ont fait de leur pays un acteur incontournable sur la scène internationale.

Vous l’aurez compris, il n’y a pas que le football, les belles filles, la samba et la joie de vivre qui différencient le Brésil de l’Algérie. Loin s’en faut. La différence est de taille entre deux pays qui empruntent des trajectoires entièrement opposés. Le Brésil, de l’émergence vers la puissance. L’Algérie, de l’incertitude vers la stabilité garantie par une manne pétrolière. A l’ambition des dirigeants du Brésil se heurte l’incompétence des dirigeants de l’Algérie. Au Brésil, des dirigeants visionnaires et stratèges comme Lula ont permis à ce pays d’organiser la Coupe du Monde de football l’été dernier et les Jeux Olympiques en 2016. Pendant ce temps-là, l’Algérie peut à peine concurrencer des pays comme le Gabon, la Cameroun et la Côte d’Ivoire pour accueillir une petite Coupe d’Afrique des Nations.

A chacun son rang. Le Brésil, grâce à des dirigeants patriotes et fidèles à leurs engagements, est aujourd’hui la 8e puissance économique du monde. L’Algérie, par la faute de dirigeants malades, autocrates et contestés par leurs concitoyens, traîne encore en queue de peloton dans tous les classements internationaux en matière de développement économique et de bonne gouvernance.

Le pays de Lula et de Dilma Rousseff ne ressemble en rien au pays de Bouteflika et de Sellal. Les premiers consacrent leurs vies à servir leurs citoyens, honorer la confiance placée en eux et hisser le drapeau de leur pays au firmament mondial. Les seconds consacrent leurs vies à tricher, tromper leurs citoyens et innovent en matière de confiscation de la volonté populaire. Les premiers sont nourris par l’ambition. Les seconds instrumentalisent l’incompétence et l’échec pour garantir leur maintien au pouvoir.