Prenant de court les estimations des commentateurs, l’alliance sociale démocrate Nidaa Tounès est sortie victorieuse des élections législatives qui se sont déroulées en Tunisie le 26 octobre, devançant le parti islamiste Ennahda d’une quinzaine de sièges. Des résultats qui redonnent un espoir de changement aux jeunes militants de l’opposition algérienne.

« Les législatives tunisiennes sont un exemple à méditer pour l’Algérie et le Monde Arabe car c’est le résultat d’un peuple conscient des enjeux politiques de son pays » commente Toufik Galeze, jeune militant du Front des Forces Socialistes (FFS). Toufik, comme de nombreux jeunes militants algériens, a suivi de près les élections tunisiennes et s’enthousiasme du résultat. « Ce qui vient de se passer en Tunisie nous donne plus confiance en l’avenir car il reflète un saut qualitatif  des aspirations du peuple tunisien depuis le départ de Ben Ali » ajoute-t-il.

Habib Brahimia, jeune cadre de 28 ans de Jil Jadid, souligne de son côté le contre-exemple qu’est la Tunisie dans le contexte régional actuel. « Nos dirigeants essaient de nous faire peur en pointant le désastre libyen ou l’expérience égyptienne. Avec ces élections organisées de manière transparente et démocratique, la Tunisie montre qu’une réelle transition garante de la pluralité politique est possible ».

« Ces résultats sont un autre pas vers l’Etat de droit avec la mise en  place d’institutions fortes qui représenteront les citoyens tunisiens.» réagit Abdelhouab Fersaoui, président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), et qui assure que son association a suivi avec attention les élections tunisiennes. «La Tunisie a tiré une leçon de l’expérience algérienne des années 90, à nous de nous inspirer aujourd’hui de la transition tunisienne. Les différents partis ont su trouver un dénominateur commun pour sortir de la crise. ».

Seul Farid Lhadg Mohand, militant au Parti socialiste des Travailleurs (PST), fait entendre une voix discordante. « Je préfère me démarquer de l’enthousiasme général car ces résultats ne nous donnent pas fidèlement le rapport de force dans la société tunisienne » commente le jeune homme de 27 ans. « C’est la victoire d’un courant libéral laïc suivi de près par un courant libéral islamiste : il n’y a donc pas de vraie rupture avec les orientations économiques du système Ben Ali. Ce qu’on a appelé « Révolution » a été impulsé par les travailleurs tunisiens, or nous n’avons pas vu leurs conditions évoluer depuis 2011. » déplore-t-il.

Ces militants disent attendre les élections présidentielles qui auront lieu les 21, 22 et 23 novembre prochain. « On suivra de près l’élection présidentielle de fin novembre : c’est important que la Tunisie réussisse car elle porte la preuve que le changement est possible. » dit Abdelhouab Fersaoui. «Mais une élection ne fait pas tout : la Tunisie aura encore de nombreux défis à relever à l’avenir.»

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