Moins de 4 ans après le début de ce qui est appelé le Printemps arabe et 26 ans après les événements du 5 Octobre 1988, l’histoire se répète. À la revendication de couches hétérogènes de la société, souvent non affiliées à des partis politiques et sans leaderships, viendra se greffer la récupération islamiste.

En Libye et en Syrie, l’espoir de la révolution, portée au départ par une population qu’on disait très attachée aux pesanteurs tribales, est en train de virer au cauchemar appelé guerre civile, que mènent et se mènent des factions jihadistes. Les deux pays, avec l’Irak, sont en train de devenir l’espéranto de la décadence humaine. Au lieu d’amorcer les fondements d’un État moderne, ces révolutions sont en train de renvoyer la triste image de musulmans au sabre facile.

Au Yémen, la révolution menée contre Ali Salah est toujours inachevée. Non pas parce que l’ex-régime totalitaire n’a pas cédé, mais à cause de groupes islamistes présentés auparavant par les monarchies du Golfe comme modérés. Les égarements de ces groupes sunnites ont fini par faire des chiites “haouti” la force par laquelle le salut est attendu. En Égypte, la révolution de la place Tahrir est vite tombée entre les mains des “Ikhouane” qui étaient en réserve de l’Égypte post-Moubarak. Une fois au pouvoir, les Morsi and co se lanceront dans une œuvre négationniste pour effacer l’épopée de la place Tahrir. En quelques mois, les “frères” ont réussi à mettre le pays du Nil au bord de l’explosion et les Égyptiens ont préféré freiner leur élan pour le changement contre un smig républicain garanti. En Tunisie, une lutte au quotidien est menée par les forces du progrès afin de prémunir la révolution du Jasmin des assauts des islamistes. Aux attaques politiques d’Ennahdha vient de succéder une tentative de déstabilisation par la subversion islamiste menée par des groupes jihadistes sortis des pépinières syrienne et libyenne.

Que ce soit en Tunisie, au Yémen, en Égypte ou en Libye, alors que les échos des manifestants qui ont ébranlé par leur courage des régimes totalitaires se faisaient encore entendre, des islamistes sont déjà dans l’arène pour imposer une charia à la sauce de chaque groupuscule. Pourtant, les soulèvements furent contre des dictatures, des systèmes archaïques de gouvernance, ainsi que des privations des libertés, et non contre l’Occident ou une autre religion.

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