L’inauguration, hier, d’une allée au nom de l’Émir Abd El-Kader vient de faire sortir de ses gonds le président de la fondation éponyme, El-Hadj Mohamed-Lamine Boutaleb, arrière-petit-neveu du héros national.

Et pour cause ! Il a été choisi de donner, à Pau,  le nom de l’Émir Abd El-Kader à une petite venelle dans le quartier du Hédas, connu pour être un haut lieu de la communauté gay et lesbienne de Pau. D’ailleurs, le guide touristique Le Petit futé spécial “France Gay Lesbien” présente l’endroit explicitement comme un “lieu de rencontre” et de “drague” homosexuelle.

“Il faut arrêter de se moquer du monde ! Choisir cet endroit, un coupe-gorge étriqué, à l’opposé des appartements que l’Émir a occupés au château, sera, sans nul doute, interprété comme un affront, même si les personnes qui sont à l’origine de ce choix, ignorantes des faits historiques, ont cru bien faire en voulant respecter la légende urbaine.”

En réalité, tout a commencé, nous explique Hadj Boutaleb, en novembre 2013, lorsque le centriste François Bayrou, candidat à la mairie de Pau, avait promis, devant une assemblée de personnalités locales et de politiques algériens réunis à l’université de Pau, que s’il venait à être élu, il ferait tout pour que l’Émir Abd El-Kader, qui fut emprisonné, rappelle-t-on, au château de Pau du 1er mai au 30 octobre 1848, puisse disposer à son nom d’une rue à sa mesure.

Malheureusement, une fois élu, le patron du Modem ne fait qu’entériner un vote de la précédente municipalité PS qui octroyait à l’Émir l’un des endroits les plus malfamés de Pau.

Une petite recherche sur le Net démontre, par ailleurs, que ce quartier palois traîne, déjà depuis le Moyen-âge, une mauvaise réputation. “Je trouve particulièrement choquant que la ville n’ait pu trouver d’autre lieu à la hauteur de cette personnalité. Personne n’aurait imaginé, un instant, que le choix se porterait sur un lieu si « obscur”, déplore Hadj Boutaleb qui, non seulement refuse que le nom de son aïeul soit associé aux gays et aux lesbiennes, mais s’offusque également de la présence à la cérémonie d’hier de l’ancien ministre français, Azouz Begag, qui, selon lui, s’est octroyé un titre qu’il n’a pas et que personne ne lui a décerné. “Sur les cartons d’invitation, il est annoncé comme président par intérim de l’Institut Émir-Abd-El-Kader… Intérim de quoi ? Pourquoi ? Est-il en manque de notoriété pour se prêter à de telles extravagances ? Sait-il seulement qui est l’Émir Abd El-Kader ?” s’est interrogé, hier, Hadj Boutaleb, exaspéré.

Lire la suite sur Liberté