Un peu partout dans le monde, des efforts ont été entrepris par de nombreux pays pour amener leur diasporas respectives à appuyer le processus de construction nationale. Ces efforts partent des relations sociales et du patriotisme des membres de la diaspora pour ensuite tenter de mettre en place des mesures incitatives susceptibles d‟encourager la diaspora à participer résolument au développement économique et institutionnel. De même, les pays sont réconfortés de constater que leur diaspora apportent une importante contribution à la croissance de l’économie nationale à travers leur expérience, leur savoir et leur investissement.

Le gouvernement algérien, au lieu de vraiment reconnaître le rôle important que peut jouer sa diaspora dans le développement économique du pays, fait malheureusement exactement le contraire. La loi 51/49%  régissant l’investissement étranger pénalise la diaspora algérienne d’une manière spectaculaire et la met dans la même situation que des étrangers a part entière. Ils ne peuvent en aucun cas être propriétaire d’une SARL ou d’une SPA à 100% et doivent s’associer à titre minoritaire a un Algérien vivant en Algérie afin de créer une entreprise. Cette loi discriminatoire ne facilite pas la mobilisation des contributions de la diaspora, n’offre pas le cadre juridique appropriée, et ne favorise pas l’intégration institutionnelle des structures administratives. Les dirigeants algériens n’ont pas de vision nationale cohérente et ne comprennent pas que que les Algériens de l’étranger seraient des alliés essentiels dans la protection, la modernisation et la construction du pays.

Les pays qui ont de bonnes pratiques en la matière disposent d’instruments explicites pour attirer des professionnels hautement qualifiés de la diaspora au sein des institutions de leurs pays d’origine. La Corée, par exemple, a mis en place des cadres recherche de haute qualité, un système de rémunération et de primes à l’image des pays avancés. L’Inde offre également des incitations qui ont contribué à l’établissement de filiales des multinationales et à la création de coentreprises entre des multinationales et les entreprises indiennes. Ces opérations ont été souvent pilotées par des scientifiques qui ont émigré et sont par la suite retournés dans leur pays d‟origine pour lancer des entreprises d‟ingénierie informationnelle et de biotechnologie, entre autres.

Les dirigeants algériens ne sont ou ne veulent pas être conscients de l’importance de la diaspora, ne la soutiennent pas de façon intelligente, et n’en font pas une composante importante d‟une stratégie nationale de construction du pays. Leur politique actuelle décourage les Algériens de l’étranger les plus nationalistes, ne fournit pas les mesures incitatives en leur refusant un traitement égal en termes de bienvenue, de rémunération et d’incitation fiscale. Des mesures qui permettraient une mobilisation de la diaspora pour la construction du pays et l’inversion de la fuite des cerveaux.

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