Ali Ouchen est un citoyen habitant la localité d’Arris, dans les Aurès, à l’est du pays. Il lui a fallu 15 mois pour donner un nom à son fils et l’inscrire à l’état civil de sa mairie.

Un chemin de croix pour appeler son fils « Gaya », rapporte «El Watan Week-end» ce vendredi. Un prénom berbère que les responsables administratifs de la localité d’Arris ont jugé en contradiction avec ce qu’il leur semble être les valeurs nationales. Ce n’est qu’après avoir remporté une bataille judiciaire que ce citoyen a pu inscrire son nouveau-né avec ce prénom amazigh. Le tribunal administratif de Batna a rendu, le 10 novembre dernier, un verdict favorable au père.

Encore plus grave dans cette affaire : le père de l’enfant a même été questionné par l’administration sur ses «convictions religieuses» lorsqu’il a proposé le prénom de Gaya. Pourtant, le ministère de l’Intérieur, sur proposition du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), a ajouté 300 prénoms amazighs à la nomenclature des prénoms en Algérie.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel problème se pose au sein de l’administration algérienne. Plusieurs autres citoyens en ont fait les frais lorsqu’ils ont présenté un prénom, amazigh souvent, qui ne plait pas à l’agent de l’administration qui leur préfère les prénoms arabes. L’avocat d’Ali Ouchen, maître Kouceila Zerguine, signale qu’une affaire similaire s’est déclenchée dans la région. En effet, le 9 novembre dernier, un parent qui voulait prénommer sa fillette Thifour (qui veut dire belle lune en tamazight, signale le journal) s’est vu demandé, par l’agent de l’administration, une autorisation du procureur de la République. En somme, donner un prénom amazigh à son enfant nécessite une décision de justice en Algérie.

Elyas Nour