La deuxième édition du "Global Slavery Index" comptabilise 35,8 millions de personnes victimes de l'esclavage moderne en 2014 dans 167 pays du monde. Avec 188 200 cas, l'Algérie se place sur la 55ème marche de ce sombre classement. 

Une étude de la fondation américaine « Walk Free » révèle qu’il y aurait 188 200 cas d’esclavage moderne en Algérie, hissant le pays à la 55ème place sur 167, juste devant le Maroc, qui comptabilise quelques 158 400 cas.

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 La deuxième édition de cette enquête, publiée hier, se base sur l’index global d’esclavage en 2014 (« Global Slavery Index 2014 »). « C’est le premier index qui estime, pays par pays, le nombre de personnes victimes de l’esclavage moderne aujourd’hui » explique le rapport.  Il comptabilise 35,8 millions de personnes réduites à esclavage  en 2014 dans 167 pays.

Par "esclavage moderne", l’ONG « Walk Free » entend toute « implication d’une personne possédant et contrôlant une autre personne en la privant de sa liberté, avec l’intention de l’exploiter pour son profit personnel».  Une définition incluant aussi bien le trafic d’être humain, le travail forcé ou la servitude pour dettes.

Le rapport relève que les zones les plus touchés par ce fléau restent l’Afrique et l’Asie. En tête de gondole : l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Ouzbékistan et la Russie, qui représentent à eux-seuls 61% des cas d’esclavage moderne. La Mauritanie est proportionnellement le pays le plus touché, avec 4% de sa population réduite à l’esclavage, soit presque 4 millions de personne. L’Algérie et le Maroc ne tiennent pas une bonne place dans ce classement, tous deux avec 0,48% de leur population totale victime d'esclavage moderne, loin devant la Tunisie, 100ème sur 167.

Mais cette étude ne se borne pas au seul constat, elle analyse aussi les causes et les réponses des différents gouvernements au problème de l’esclavage moderne. Travail forcé, papiers d'identité confisqués, abus psychologiques et/ou sexuels : dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA), les migrants venus d’Asie et d’Afrique subsaharienne semblent les premières victimes de ce phénomène, analyse le rapport. « Les gouvernements du MENA sont trop peu actifs en ce qui concerne l’éducation des populations locales aux risques de l’esclavage moderne » constate le rapport. Walk Free relève également que la région MENA possède « le plus haut taux de discrimination envers les femmes et le plus haut niveau d’instabilité étatique à cause de conflits armés continus dans plusieurs pays ».