Iris Sat, ou une success-story à l’algérienne. Cette entreprise spécialisée dans l’électronique et l’électroménager a connu une croissance fulgurante : partie de sept employés il y a 10 ans, Iris Sat représente aujourd’hui près de 20% du marché de l’électroménager algérien et multiplie les projets d’innovation et de diversification. Nous nous sommes déplacés dans la friche sétifienne, à 300 km au sud-est d’Alger, pour aller à la rencontre de ces pionniers qui bâtissent l’Algérie de demain. 

Un vent froid souffle ce mardi matin sur la zone industrielle de Sétif. Nous avons rendez-vous avec l’assistant du Directeur-Général de Iris Sat, l’entreprise d’électronique et d’électroménager implantée dans la région. Cheveux et moustache poivre et sel, complet gris élégant, Benamara Larbi nous reçoit dans ses bureaux temporaires, le nouveau siège d’Iris Sat, une tour de 8 étages, étant encore en construction.

Il n’a pas l’habitude de recevoir les médias ; notre visite lui fait plaisir, il ne le cache pas. « On a oublié l’Algérie profonde, l’Algérie industrielle » confie-t-il avant de nous parler de l’ascension fulgurante d’Iris Sat, depuis sa création en 2004. Machine à laver, téléviseurs, smartphones, climatiseurs et réfrigérateurs : Iris Sat couvre aussi bien le marché de l’électroménager que celui de l’électronique de pointe.

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Une entreprise qui investit pour être à la pointe de la technologie

« Nous avons commencé avec moins d’une dizaine de salariés. Dix ans plus tard, nous sommes 1200», raconte fièrement Benamara Larbi. Ce dernier tient à nous montrer les différentes unités de production de l’entreprise. Au sous-sol, près de 80 salariés travaillent à l’assemblage manuel des cartes mères pour téléviseurs. Blouses blanches et foulards de toutes les couleurs, bracelets de sécurité pour se protéger de tout court-circuit: ce sont en majorité des femmes qui activent dans les stations d’assemblage. Foulard rose pâle et rouge à lèvre discret, Boumal Nesrine travaille au poste d’aide magasinier. Les mains dans les poches, un peu timide, elle se dit fière de travailler dans une entreprise comme Iris Sat. « Iris Sat améliore le quotidien des Algériens en leur permettant d’accéder à la modernité. Auparavant, la HD n’était pas présente en Algérie, mais grâce à une entreprise comme la nôtre, cette technologie tend à se démocratiser » dit-elle.

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La majorité des salariés qui activent sur les lignes d’assemblage manuel sont des femmes

Benamara Larbi nous le confirme : Iris Sat investit pour être à la pointe de la technologie. « Nous sommes les seuls en Algérie à produire des téléviseurs 4K ultra HD», indique-t-il. Pour les écrans de ses téléviseurs, Iris Sat s’est allié au géant sud-coréen LG. « Nous nous sommes aussi lancés sur le marché des smartphones et des tablettes il y a un an » précise encore Benamara Larbi.

Un manque de personnel qualifié

Mais avec la croissance très rapide de l’entreprise, l’assistant DG reconnaît que les ressources humaines ont du mal à suivre. « Nous manquons de personnel qualifié » déplore-t-il.

Les sites d’assemblage automatique dans lesquels Iris Sat a investi nécessitent en effet des ingénieurs spécialisés dans le secteur des nouvelles technologies. Après les stations de montage manuel, Benamara Larbi nous emmène sur les sites d’assemblage automatique. Si Iris Sat ne bénéficie actuellement que de deux lignes d’assemblage robotisé, trois étages y seront réservés dans la tour du nouveau siège d’Iris Sat, dont l’inauguration est prévue dans un an et demi.

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Ces machines qui permettent l’assemblage robotisé des cartes mères nécessitent des ingénieurs spécialisés dans les nouvelles technologies.

Kraouchi Zineel Abidine, un jeune homme à la stature imposante, est chef de l’unité d’insertion robotisée. Passé par l’université algérienne, il explique avoir amélioré ses compétences dans le domaine des nouvelles technologies grâce à des formateurs étrangers. Il souligne l’importance de telles formations en Algérie pour se faire une place sur le marché mondial. « Il est nécessaire que les autorités facilitent la vie aux investisseurs comme Iris Sat pour développer davantage l’usage de ces technologies dans notre pays. Ce n’est que de cette manière que nos produits pourront concurrencer les grandes marques internationales » appuie-t-il.

Investir pour se diversifier

Si son activité n’était dédiée à ces débuts qu’au montage de composants importés, Iris Sat a multiplié les investissements pour augmenter le taux d’intégration de ses produits. Benamara Larbi nous conduit dans l’unité d’assemblage des réfrigérateurs. 300 personnes activent sous cet immense entrepôt, qui regroupe chaînes de montage, atelier de thermoformage, chaîne de pliage de la tôle, etc. « Pour les réfrigérateurs, nous nous chargeons maintenant de la transformation de la tôle, du moussage et du montage. Le réfrigérateur est donc à 80% un produit algérien» explique M. Chaoui, responsable de production.

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Une équipe d’Iris Sat travaillant au montage des réfrigérateurs

Chez Iris Sat, le taux d’intégration varie entre 40 et 80% selon les produits. « Ainsi, on peut dire que tous les produits que nous fabriquons sont algériens » défend Benamara Larbi. Avec une production de 100 000 climatiseurs par an de 500 réfrigérateurs par jour, Iris Sat représente à lui seul entre 15 à 25% du marché électroménager national.

Mais Iris Sat ne compte pas s’arrêter là. « Nous investissons aussi pour nous diversifier » explique M.Larbi. Pour cela, l’entreprise a mis sur la table près de 10 millions d’euros. « L’usine devrait être prête d’ici 2 ans. Nous serons les premiers fabricants du pneu algérien » se félicite-t-il.

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