Des enfants livrés à eux-mêmes, vivant dans des conditions déplorables, issus de familles éclatées se retrouvent impliqués dans de graves crimes. La délinquance juvénile est en forte croissance partout en Algérie. Les chiffres avancés par les services de sécurité remettent au cœur des débats la question des raisons qui poussent ces mineurs à verser dans le crime et  des solutions à apporter protéger et neutraliser ce fléau.

Un récent rapport établi par le service de protection des mineurs de la sûreté d’Annaba a révélé l’implication de 188 enfants dans différents crimes depuis le début de l’année. Le rapport, repris par le quotidien El Khabar, indique que 17 enfants se trouvent en détention, trois autres ont été placés sous contrôle judiciaire, tandis que 166 ont été libéré.

En marge d’une conférence organisée mardi par les services de sûreté de la wilaya d’Annaba, portant sur le thème des droits de l’enfant, la directrice du service de protection des mineurs de la sûreté d’Annaba a indiqué que  « plusieurs mineurs livrés à eux-mêmes versent dans le crime et se retrouvent emprisonnés dans des centres de détention pour mineurs. »  À ce propos, elle a souligné que ses éléments ont recensé 166 enfants, 67 garçons et 66 filles en danger physique et moral. Ces derniers ont été soit livrés à leurs familles, soit placés dans des centres de rééducation ou dans des centres spécialisés dans la prise en charge de l’enfance en détresse.

En juin 2014, un autre rapport plus alarmant établi par la gendarmerie nationale a révélé l’implication de plus de 1100 enfants dans les crimes les plus dangereux, parmi lesquels :

–  248 pour vols,

–  165 pour violence,

–  120 pour immigration clandestine,

–  106 dans la création de bandes organisées,

–   80 pour abus sexuels,

–   48 mêlés au trafic de drogues,

–   11 enfants impliqués dans des homicides volontaires,

–   10 enfants dans le trafic d’armes,

–   4 pour viols.

Ces chiffres alarmants devraient interpeller les autorités algériennes et la société. Il faut de toute urgence prendre plus au sérieux le phénomène de la criminalité infantile. Adopter des stratégies de prévention telles que la sensibilisation, l’accompagnement des enfants, notamment ceux issus de milieux défavorisés et impliquer les jeunes dans des activités positives dès leur plus jeune âge doit être une priorité politique.

Nourhane. S.

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