Des zones d’ombre entourent l’incident de l’avion d’Air Algérie, interdit de vol à l’aéroport de Bruxelles depuis vendredi dernier. Faute d’une communication transparente, le citoyen algérien ignore toujours les détails de cette affaire dont la genèse remonte à 2008.

L’avion d’Air Algérie, cloué au sol de l’aéroport de Bruxelles, depuis vendredi dernier (12 décembre 2014), « n’a pas été saisi, mais juste retenu ». C’est ce qu’affirme la chargée de communication de la compagnie nationale, Mounia Bertouche, jointe ce dimanche 14 décembre 2014 par téléphone. Pourtant, dans le communiqué en question, rendu public hier, la compagnie nationale a annoncé de file en aiguille: « Un avion d’Air Algérie a été saisi vendredi à l’aéroport de Bruxelles suite à un litige avec la société néerlandaise K’AIR BV, malgré la procédure légale engagée par la compagnie aérienne algérienne ». Air Algérie, par le biais de sa chargée de communication, se révise ainsi et tente de minimiser la gravité de cet incident qui vient se greffer à la série noire d’événements fâcheux, notamment le crash du vol AH5017, ayant sérieusement affecté son image au cours de ces six derniers mois.

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Une dette deux millions de dollars

Air Algérie revoit donc son vocabulaire, mais son appareil assurant le vol AH2063 est toujours interdit de vol à l’aéroport de Bruxelles. Dans son communiqué d’hier, la compagnie nationale a indiqué que malgré « la procédure légale » qu’elle a engagée, « la société K’AIR BV a fait procéder par la justice belge à la retenue de l’appareil assurant le vol AH 2063 ». Qu’est ce qui a poussé la société néerlandaise à procéder de la sorte? « Le litige, a expliqué Air Algérie, concerne un contrat de vente d’appareils réformés, signé le 6 juillet 2008 par les deux parties. K’AIR BV n’est pas parvenue à mettre en place le financement tel que prévu, en dépit des facilités qui lui ont été accordées ». Et de poursuivre: « Après mise en demeure pour faute d’exécution, Air Algérie a procédé, le 29 décembre 2009, à la résiliation de ce contrat de vente. Par la suite, la société néerlandaise a engagé, le 17 mars 2011, une procédure d’arbitrage auprès de la Cour internationale d’arbitrage qui a rendu, le 31 mars 2014, une sentence condamnant Air Algérie ». Air Algérie ne donne point de détails sur le montant du contrat, ni celui du « financement prévu » et encore en quoi consiste la sentence prononcée à son encontre par la Cour internationale d’arbitrage.

Cependant, des médias algériens ont fait état de dettes d’un montant de deux millions de dollars qu’Air Algérie n’aurait pas honorées auprès de son créancier néérlandais. Ce qui serait à l’origine de cette « retenue ». A ce sujet, Mme Bertouche esquive de répondre en se contentant de nous renvoyer au communiqué sus-cité.  « Vous avez tout dans notre communiqué. S’il y a de nouveaux éléments, c’est le P-DG (d’Air Algérie, ndlr) qui communiquera », se contente-t-elle de répliquer malgré notre insistance. Cet incident risque d’avoir de graves incidences diplomatiques sur les relations entre l’Algérie et les deux royaumes européens. Preuve en est le rappel, hier, par Alger de ses ambassadeurs en Belgique et en  Hollande « pour consultations ». Notons enfin que nos tentatives de joindre les autorités aéroportuaires à Bruxelles et la société K’AIR BV sont restées vaines.