La position du Maroc vis-à-vis de la CAN 2015, en demandant le report de cette édition, ayant conduit à sa délocalisation vers la Guinée Equatoriale, reste toujours énigmatique. La Royaume chérifien avait justifié sa requête par le risque de la propagation du virus Ebola qui a déjà fait environ 6500 morts. Un argument qui n’a pas convaincu grand monde, notamment au niveau de l’exécutif de la CAF.

Selon les analystes, la raison est ailleurs. «A l’heure où les tensions politiques sont vives entre le Maroc et l’Algérie, notamment à cause du Sahara occidental, la « crainte » de voir le Roi Mohamed VI remettre la coupe au capitaine des Fennecs algériens, grands favoris de la compétition, le soir de la finale, pourrait avoir fait pencher la balance…», a écrit le journaliste Pierre Lepidi au Monde. Ce n’est pas la première fois que ceci est évoqué.
Le technicien Claude Le Roy avait également émis le même avis.«La menace des mouvements islamistes au moment de la compétition est une hypothèse qui n’est pas à exclure. La peur d’un large mouvement de contestation sociale, comparable à celui qui avait vu le jour avant la Coupe du monde au Brésil, pourrait aussi expliquer cette décision ambiguë, puisque les risques de propagation du virus lors de l’épreuve étaient jugés mineurs par l’Organisation mondiale de la santé», ajoute-t-on encore sur les colonnes du quotidien français. En somme, les raisons de la demande marocaine du report ne peut se limiter au simple risque de la propagation du virus Ebola. Le Maroc avait accueilli, durant les éliminatoires, les matchs de la sélection d’un des pays les plus touchés, en l’occurrence la Guinée. De plus, il avait n’avait pas adopté la même position vis-à-vis de la Coupe du Monde dont la finale est prévue aujourd’hui.

Elyas Nour