Incompétence, mauvaise gestion : deux têtes doivent tomber chez Air Algérie

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Un avion s’écrase au Nord Mali, un autre est retenu à Bruxelles, pendant que de petits incidents se multiplient : en l’espace de quatre mois, Air Algérie ne cesse de compter les scandales et les ratages. C’est déjà trop pour une compagnie qui regroupe, à elle seule, beaucoup de tares.

Le dernier épisode de cette tragédie de Air Algérie est ce cafouillage qui s’est produit vendredi dernier lorsqu’un avion de la compagnie nationale a « heurté » une passerelle sur le tarmac de l’aérodrome national à Alger. Tous les vols ont donc été annulés ou, au mieux, retardés de plusieurs heures. Un coup dur pour une société qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Ces ratages de Air Algérie n’ont pas cessé malgré les innombrables autres incidents qui, sous d’autres cieux, donneraient lieu à des sanctions à tous les niveaux de la hiérarchie. Mais au pays de Amar Ghoul, la sanction n’existe, dans le meilleur des cas, que pour de petits lampistes. C’est exactement ce qui s’est passé l’été dernier lorsque Mohamed-Salah Boultif a annoncé le limogeage de certains cadres, rendus responsables de tous les maux de la compagnie.

Il est vrai que Mohamed-Salah Boultif ne peut être rendu seul responsable de cette incurie dont vit la compagnie nationale. Le mal est tellement profond et le passif trop lourd pour être porté par un seul homme. Mais la responsabilité morale du Pdg, comme celle, plus politique, du ministre des Transports, sont totalement engagées. Les deux premiers responsables de cette dégringolade du pavillon national doivent donner l’exemple et laisser leur place à plus compétent qu’eux. Car, plus qu’une volonté de se soumettre à la justice, la démission de ce duo pourra créer une onde de choc nécessaire à la situation que vit actuellement Air Algérie. Rester en poste signifie, pour les deux hommes, qu’ils ne sont pour rien dans le mal qui ronge Air Algérie. Mais la situation devient urgente et tout le monde doit tirer les conséquences adéquates. Ghoul et Boultif en premiers.

Essaïd Wakli