Kamel Daoud : L’extrémisme que l’on croyait avoir tué est toujours là”

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Kamel Daoud ne cesse de faire la Une de l’actualité ces derniers temps. Après son passage remarqué dans l’émission On est pas couché de Laurent Ruquier (France2), l’écrivain et journaliste algérien a été visé par une fatwa, dirigée contre sa personne. A l’origine de cette fatwa, l’imam salafiste Abdelfatah Hamadache, chef du parti non agréé, Essahwa. Kamel Daoud, lors de sa dernière apparition publique à la télévision (France 24), a tenu à réagir contre cette fatwa, expression violente de la bête immonde qu’est pour lui : l’extrémisme.

Le finaliste du prix Goncourt, possède des armes bien plus puissantes que n’importe quels canons. Le savoir et la plume. C’est par les mots qu’il maitrise à merveille que le polémiste a répondu à l’appel au meurtre qu’a proféré Hamadache contre lui. Kamel Daoud s’indigne face à ce fléau, ce monstre qu’est l’extrémisme et “que l’on croyait avoir tué” mais qui est “toujours là”. L’auteur de Mersault, contre-enquête, fait certainement référence  aux appels au meurtre lancés par les ex-responsables du Fis, parti nauséabond dissout en mars 1992, contre des intellectuels, artistes, les libres penseurs.
Kamel Daoud s’interroge avec regret au micro de France 24«De quel islam s’agit-il ? J’ai toujours vécu un autre islam, celui de mes parents, de mon village, et là je découvre que cette bête -l’extrémisme, ndlr- que l’on croyait avoir tuée est toujours là. C’est des gens qui se réveillent, et qui au lieu d’appeler à la vie, appellent à la mort, qui, au lieu de répandre la lumière, répandent la mort».

Les opposants à la liberté d’expression et à la modernité ont tout de même usés des moyens modernes pour divulguer leur message de haine. Mardi dernier en effet, le salafiste Hamadache lançait sur les réseaux sociaux un appel aux autorités algériennes afin de «condamner à la peine capitale» l’écrivain accusé de «mener une guerre contre Allah, son prophète, le Coran et les valeurs sacrées de l’islam». Rien que ça.
Kamel Daoud dérange, parce que Kamel Daoud pense, réfléchit, argumente, se pose des questions et dit tout haut ce que beaucoup n’ose pas dire, par peur ou par résignation.
L’écrivain a décidé de réagir à cette attaque en invoquant la justice. Il a déposé plainte contre l’imam qui a prononcé cette fatwa.
«J’ai déposé plainte, l’enquête est ouverte et elle suit son cours», a déclaré Daoud qui souhaite que cette affaire demeure uniquement «algéro-algérienne».