Selon M. Ramdane Achab, docteur en linguistique berbère, la langue Tamazight est menacée de disparition si l’Etat algérien ne prend pas de meilleures dispositions pour la préserver, la protéger et la promouvoir. 

Intervenant lors d’une conférence, organisée par l’association  des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi-Ouzou, samedi  à Larbaa N’Ath Irathen (à une trentaine de kilomètres au centre est de Tizi-Ouzou), M. Ramdane Achab, docteur en linguistique berbère, a insisté sur l’importance d’une meilleure implication de l’Etat pour renforcer les mesures de la préservation de la langue Tamazight qui est selon lui « menacée de disparition ». Dans une déclaration à l’APS, le spécialiste en linguistique insiste sur le rôle que doit jouer l’Etat algérien pour sauver cette langue de la disparition. Dans ce sens, M. Achab évoque l’urgence de la mise en œuvre « de mesures politiques très fortes pour la  protection de cette langue, aujourd’hui menacée de disparition. »

Pour expliquer l’état de détérioration et de dégradation dans lequel se trouve actuellement cette langue, M. Achab a indiqué que « le recul de Tamazight dans les régions berbérophones a été  principalement induite par la déstructuration du système sociétal berbère et  l’influence exercée par d’autres langues. »

Indiquant que « la désorganisation de la société berbère a commencé durant la période  du colonialisme français, et a eu pour conséquence la création de grands écarts  entre les différents parlers berbères (Kabyle, Chaoui, Mozabite, Targuià », le spécialiste a appelé à la mise en place d’une protection juridique de la langue Tamazight et la création d’une académie qui enseigne cette langue.

Pour M. Achab, l’engagement de l’Etat algérien pour la relance de la langue Tamazight doit s’opérer par l’instauration « d’institutions  qui vont prendre en charge cette langue en matière d’aménagement, d’enseignement,  de promotion (…), de manière plus efficace que ce qui se fait actuellement »

L’expert en linguistique a qualifié d’insuffisantes les mesures engagées jusqu’ici par l’Etat, à savoir constitutionnaliser en tant que  deuxième langue nationale, son introduction dans les médias lourds et dans le  système scolaire n’ont rien apporté à la promotion de l’état d’une langue qui demeure en déclin.

Nourhane.S

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