Dans la commune de Guemar, à 14 km au nord-ouest du chef-lieu de la wilaya de Oued-Souf, située dans l’extrême est du Sahara Algérien, l’association TEJ pour la santé fait un travail colossal pour soigner, diagnostiquer et accompagner médicalement les personnes nécessiteuses. L’association a ouvert un espace pour former et accompagner les enfants malentendants et autistes. Une frange de la population ignorée et abandonnée par les pouvoirs publics en Algérie. Aujourd’hui, les enfants autistes et malentendants, originaires de plusieurs wilaya lointaines, ont trouvé enfin à Oued Souf des bénévoles qui leur prêtent une “oreille attentive”.

«Quand il fait noir, il suffit d’allumer une seule bougie pour que tout s’éclaire», c’est ainsi que El Hadj Ali Nadjib Bey, président de l’association «TEJ pour la santé» explique la réussite de son association, créée en 2004. Son principal but est de venir en aide aux personnes en souffrance et dans le besoin, en les prenants médicalement en charge. «On a cassé le stéréotype de l’association qui né et disparaît au bout d’un petit moment. Au fil des années, notre association n’a fait que grandir et rassembler du monde autour de nos projets » dit-il sur un ton d’un ton calme et plein de sagesse, caractéristique des gens du Sahara.

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Une enfant autiste, pris en charge par l’association TEJ pour la santé.
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A Guemar, dans cette petite commune bordée par le Sahara Algérien, l’association «TEJ» fait parler d’elle à travers ses nombreux projets destinés à la population locale dans le domaine de la santé. Des personnes venant de lointaines contrées sollicitent l’aide de cette association, mais pas que ça. Ses membres organisent des caravanes médicales pour sillonner les fins fonds du désert afin d’aller à la rencontre des Nomades, de leur prodiguer des soins et de leur donner des médicaments.

Toujours habile et en excellente forme du haut de ses 67 ans, El Hadj, comme le surnomment familièrement les membres de l’association, ne ménage aucun effort pour faire découvrir l’un des nombreux projets de son association. Un projet destiné à une tranche de la population des plus marginalisées : les autistes et les malentendants. « C’est un projet entamé en 2008, en collaboration avec l’Union Européenne qui finance en partie le projet. Au tout début, ce projet était destiné à prendre en charge 15 enfants autistes et malentendants. Les encadrer, les former et les accompagner dans leur cursus scolaire » explique-t-il avec ce sourire qui ne le quitte jamais. A présent, pas moins de 46 enfants sont quotidiennement accompagnés dans cet espace de prise en charge psychologique et pédagogique des enfants handicapés que dirige l’association TEJ pour la santé. Cet espace s’apprête à recevoir encore d’autres enfants venant de cette région, mais également de wilayas limitrophes. «Nous avons actuellement 84 enfants inscrits dans notre centre. On ne peut pas refuser une demande d’inscription pour un enfant autiste ou malentendants. Nous avons de petits moyens qui nous permettent de les prendre en charge dans notre centre. Donc, nous acceptons tous les cas qui nous sollicitent, à la seule condition de fournir un dossier complet. »

El Hadj Ali Nadjid Bey, président de l'association TEJ pour la santé.
El Hadj Ali Nadjid Bey, président de l’association TEJ pour la santé.

L’autisme, une maladie très peu connue par les parents

Le problème avec les parents, c’est qu’ils ne peuvent pas savoir si leurs enfants sont autistes ou malentendants. Pourtant, la différence entre un enfant autiste et un enfant malentendant est énorme. Il faut toute une commission pluridisciplinaire de médecins spécialistes pour détecter l’autisme. «Quand un parent se présente avec son enfant, nous l’orientons et l’accompagnons dans cette démarche ». nous dit Mme Saha Djamila, une des membres fondatrice de l’association. Retraitée de l’éducation, elle est la chargée des autistes et malentendants de l’association TEJ pour la santé, en parallèle à son travail de directrice d’auto-école à Guemar.

Le manque d’encadreurs spécialisés

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Une enfant autiste avec son enseignante au centre de prise en charge du centre de l’association TEJ pour la santé.

«Notre seul problème, c’est le manque d’encadreurs spécialisés dans notre wilaya. Nous demandons d’autres postes de travail pour la direction de l’emploi afin d’avoir suffisamment d’encadreurs et de personnel pour assurer une meilleurs prise en charge des enfants autistes. Nous souhaitons que les autorités locales s’y mettent mains dans la main avec nous pour aller plus loin dans notre projet » ajoute El Hadj Ali Bey. D’ailleurs, pour trouver un orthopédiste, les membres de l’association ont eu recours à leurs réseaux pour en dénicher un. L’orthopédiste qui assure l’encadrement des enfants autiste est venu de la wilaya de Chlef et s’est installé à Guemar où il exerce maintenant son métier.

Pas facile d’encadrer des enfants hyperactifs

La prise en charge d’enfants autistes demandent beaucoup d’efforts et surtout d’attention. Le manque d’encadreurs spécialisés dans la région rend la tâche encore plus difficile pour les quelques encadreurs qui travaillent dans cet espace. «Ce n’est pas du tout facile pour le personnel du centre de prendre en charge les enfants autistes. C’est une tâche vraiment rude. L’une de nos encadreuses est tombée malade à cause du travail difficile qu’elle fait», affirme El Hadj Ali Bey.

La reconnaissance citoyenne, ça fait chaud au cœur

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Un groupe d’enfants autistes autour de leur enseignante dans une classe, à l’intérieur du centre de prise en charge de l’association TEJ pour la santé à Guemar.

La notoriété de cette association est rehaussée par le travail qu’elle fait sur le terrain au point d’épater de simples citoyens et autorités locales. «Notre association est très appréciée dans notre région. Les notables de la ville nous fournissent des aides à chaque fois qu’on les sollicite. Quand nous allons acheter du matériel pour notre association, les commerçants de la ville nous font toujours des prix réduits. Les médecins de la région sont également très collaboratifs. Ils répondent à chacune de nos sollicitations. Il n’y a pas que les personnes aisées qui nous aident. Même les personnes de conditions modestes s’y mettent. Ils nous font confiance. Ils croient à ce que nous faisons, et cela nous fait vraiment chaud au cœur et nous encourage à aller de l’avant !», se réjouit enfin El Hadj.