Créée en 2008, Amana est la première compagnie d’assurance de personnes (SAPS) en Algérie. Spécialisée dans les assurances prévoyance et de santé, elle s’investit désormais dans la prévention  des risques de la vie courante. C’est dans cette optique qu’elle a organisé, ce mardi 16 décembre 2014 à Alger, un séminaire sous le thème : « Prévention des accidents de la vie courante ». Rencontré à cette occasion, le directeur général de Amana, Pierre Olivier Adrey, a accepté de réponde à nos questions.

AF : Monsieur Adrey, pouvez-vous nous présenter succinctement votre compagnie ?

Pierre Olivier Adrey : Amana est une compagnie d’assurance de personnes, qui a été créée en juillet 2011 par la SAA, la Macif, la BADR et la BDL. On a les quatre acteurs ; trois entreprises publiques algériennes et une française. A fin 2014, Amana emploie 85 salariés et a généré un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros, soit un milliard de DA. On a passé huit accords de distribution avec de nombreuses compagnies d’assurance ; comme la GAM, Alliance Assurances et la 2A, et également avec d’autres banques comme ; la Trust et la BNA. Grâce à ces huit accords, nous avons aujourd’hui mille points de vente qui peuvent diffuser les produits d’assurance que nous vendons sur le territoire algérien.

Quels sont les produits d’assurance que vous proposez à vos clients ?

On vend des produits d’assurance individuels et des produits d’assurance collectifs. En individuel, on fait de l’assurance voyage, de l’individuel accident et du rapatriement de corps. En collectif, on fait surtout de l’assurance santé, de l’assurance en pointure groupe pour le compte des banques avec lesquelles on travaille. Donc voilà notre panorama.

Amana vient de boucler sa première année d’activité…

Sous ce nom Amana, oui. Puisqu’au départ, en 2011 (année du début d’activité, ndlr), ça s’appelait la SAPS (société d’assurance, de prévoyance et de santé, ndlr). Et le nom Amana, avec les porteurs des valeurs de confiance, de rapports humains et de solidarité, est arrivé en novembre 2013. Donc, ça fait un an qu’on exerce avec cette marque Amana.

Quel bilan faites-vous de votre première année d’exercice sous cette marque commerciale ?

Le bilan est très positif parce qu’on a signé des accords de distribution avec de nombreux partenaires en 2012 et 2013. Et en cette année 2014, on a commencé à exploiter ces accords de distribution, donc à diffuser nos produits par l’intermédiaires des réseaux que je vous ai cités il y a quelques minutes.

Vous organisez un séminaire sur la prévention des accidents de la vie courante. Pourquoi vous avez choisi spécialement ce thème ?

Pourquoi ce thème ; c’est pour se différencier de nos concurrents, qui parlent beaucoup, si vous voulez, des produits qu’ils ont à disposition. Mais nous, on veut dépasser simplement la vente de produits. On veut se comporter avec nos assurés en tant qu’assureurs préventeurs. Donc comme des conseillers en prévention. C’est une vision de la gestion de risques parce que si l’on ne faisait rien on continuerait à payer des sinistres ; tandis que si l’on a des actions de prévention, on peut espérer, avec le concours de nos assurés, diminuer leurs risques. Assureur et assurés travaillent ainsi en commun pour la réduction de risques. Donc, tout le travail, c’est un travail de pédagogie. Et quand le risque n’a pas pu être évité, c’est nous, évidemment, qui le prenons en charge par l’intermédiaire de nos contrats d’assurance. C’est une démarche un peu différente.

L’on comprend par-là que votre démarche traduit une philosophie différente de celle adoptée par vos concurrents.

Nous, on fait autre chose que de dire : voilà, j’ai un produit et je vends mon produit. On a aussi une philosophie de la participation aux risques de l’assuré. L’assuré, il faut qu’il ne se décharge pas complètement sur l’assureur en se disant je m’assure et on verra ce qui se passe. S’il le dit, on lui  montre les risques qu’il pourrait éviter. Et donc, c’est une prise de conscience. Cette philosophie permet à l’assuré d’avoir moins d’accidents.

L’assurance de personne est une branche peu répandue en Algérie. Pouvez-vous nous en faire un état des lieux ?

C’est une branche qui existe depuis 2 ou 3 ans. Depuis juillet 2011, les compagnies ont été séparées en deux. D’un côté, les compagnies qui faisaient l’assurance des automobiles, des habitations et des risques industriels ; et de l’autre côté, les assureurs qui s’occupaient de l’assurance de personnes. Depuis, l’assurance de personnes a une vraie place, mais cette place est encore petite. Il faut donc une pédagogie pour bien faire comprendre aux gens l’intérêt de s’assurer contre les risques de la vie courante. Actuellement il y a sept compagnies qui activent dans ce domaine en Algérie. Et le secteur des entreprises marche très fort actuellement dans le cadre des nouvelles assurances de personnes. Parce qu’on fait de la complémentaire santé groupe. C’est-à-dire que les chefs d’entreprise, avec le concours de leurs comités de participation et de leurs employés, prennent en charge, à un moment, une complémentaire santé groupe et une complémentaire à la sécurité sociale. Cela permet à chaque employé d’une entreprise une prise en charge des frais médicaux, des frais de dentisterie, des frais d’optique, qu’il est amené à supporter s’il dépense dans des prestations privées plus que ce que la sécurité sociale lui propose de prendre en charge. Nous, on vient ainsi en deuxième rideau, et par là même, on est entrain de toucher de plus en plus un grand secteur de la population à travers ces entreprises. Actuellement, on fait beaucoup d’assurance groupe, pour l’ensemble des PME-PMI, et ce qu’on voudrait dans les années qui viendront, c’est peut-être arriver à lancer ce qu’on appelle « l’assurance de la santé individuelle ». Pour l’instant, on fait l’assurance de la santé collective à travers les entreprises, mais demain peut-être les particuliers auront accès à l’assurance de leur santé individuelle. Passer de la santé collective à la santé individuelle est notre objectif.

A ce sujet, quels sont justement les objectifs de Amana à court, à moyen et à long terme ?

A court terme, l’année 2015 est une année durant laquelle on va encore renforcer nos actions de formation vis-à-vis de nos réseaux de distribution. Donc, on va être encore plus présent sur le terrain. On va continuer à irriguer, je dirais, le réseau de nos distributeurs et en les formant et en mettant à leur disposition des outils de vente meilleurs.  On va également organiser des sessions de formation pour les vendeurs qui sont dans les réseaux que nous animons et puis, on va continuer à communiquer. On va faire de la communication et de la prévention des actions qu’on mettra en valeur en 2015.

Quels sont, enfin, les obstacles que vous rencontrez sur le terrain ?

En fait, aujourd’hui je ne parlerai pas tellement d’obstacles puisque le seul obstacle réel peut-être en Algérie est la taille du pays. C’est un pays très grand. Et si l’on veut vraiment remplir notre rôle, c’est-à-dire servir l’ensemble des citoyens algériens, il faut vraiment qu’on arrive à dupliquer et diffuser notre façon de voir les choses et nos produits sur tout le territoire algérien. Donc ça, c’est un peu l’enjeu. Le défi c’est d’arriver à être présent sur tout le territoire algérien.

Interview réalisée par Yacine Omar