Le seuil psychologique des 70 dollars étant franchi, le prix du baril du pétrole poursuit dangereusement sa dégringolade. Il approche, depuis lundi matin, la barre des 65 dollars et la chute ne semble pas s’arrêter.

Ce lundi, le prix du baril de pétrole est fixé à 67 dollars, soit tout près de la barre des 65 dollars. En 6 mois, le baril de pétrole a perdu plus de 30% de sa valeur.

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Cette chute est telle qu’elle compromet dangereusement les dépenses de l’Etat. Cela aura sûrement un impact, à très court terme, sur les projets structurants lancés par les autorités depuis des années.

Plus grave, cette chute des prix du pétrole, qui génèrent près de 8% des recettes en devises du pays, met à nu la réalité économique d’un pays qui ne compte plus que sur un seul secteur pour vivre. Et la situation n’est pas près de changer puisque le pays ne se dote toujours pas d’une économie alternative malgré les déclarations d’intention des autorités qui donnent l’impression d’accélérer la cadence de l’industrialisation du pays.

Il est vrai que le budget de l’Etat a toujours été élaboré sur la base d’un prix du baril de pétrole à 37 dollars. Ce qui donne une petite marge de manœuvre au gouvernement afin d’atténuer le choc et de disposer de suffisamment de réserves pouvant assurer au pays quelques mois d’importations.

Mais comme dans un cercle vicieux, les réserves de change se réduisent comme une peau de chagrin compromettant sérieusement la paix sociale que le gouvernement s’attelle à acheter à coup de milliards de dollars.

La première conséquence de cette baisse des prix du baril du pétrole va commencer à se faire sentir dès l’an prochain, puisque le gouvernement a déjà annoncé la limitation des projets financés par les autorités. Il appelle que les banques et les entreprises privées doivent participer au financement des projets de développement.

Une chose est certaine : à ce rythme, les contestations sociales risquent de se démultiplier !

Essaïd Wakli