Le géant américain Amazon s’intéresse vivement à l’Algérie ! Le célèbre site américain d’achat et vente en ligne veut bel et bien s’installer en Algérie mais via sa filière  d’Amazon Web Services qui gère un grand nombre de datacenters, des centres de données,  à travers le monde. En Algérie, Amazon cherche à nouer un partenariat ambitieux avec un datacenter installé dans notre pays. 

Un datacenter à travers lequel Amazon Web Services espère renforcer son leadership mondial dans la fourniture des services en lignes à d’autres sites internet ou applications clientes. Il faut savoir qu’un datacenter est  un site sur lequel se trouvent regroupés des équipements constituants du système d’information où les données des entreprises, institutions publiques et organisations étatiques ou civiles sont stockées dans des serveurs puissants. En Algérie, un pays avec un positionnement géographique stratégique, Amazon cherche à contracter ses services informatiques et louer de nouvelles capacités de stockage dans des nouveaux datacenters. Pour concrétiser ce projet, il est en discussion avec l’opérateur algérien ISSAL qui est un provider algérien installé à Oran et spécialisé dans le développement du cloud computing en Algérie.

ISSAL dispose depuis 2012 d’un datacenter hyper-moderne où tout est robotisé. Un datacenter qui compte pas moins de 2000 serveurs virtuels et une centaine de serveurs physiques. Mais pour développer pour commercialiser internationalement à travers notre pays les services d’Amazon, il faut bâtir un deuxième datacenter beaucoup plus grand. Et c’est là où le bât blesse.  « Nous avons réussi à séduire Amazon qui s’intéresse de près à notre expérience depuis 2 ans et qui a été convaincu par notre mérite ainsi que nos compétences. Nous avons juste besoin d’un financement pour construire un autre datacenter mieux équipé et doté de plus grandes capacités de stockages pour pouvoir les vendre à ce géant américain. Ce qui constituera une importante rentrée de devises pour l’Algérie », révèle à ce propos Zine Seghier, le PDG d’Issal, une petite start-up aux grandes ambitions.

Mais des ambitieux incomprises, pour ne pas dire rejetées, par les banques et financiers en Algérie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, monsieur Zine Seghier ne trouve aucune oreille attentive lorsqu’il se rend dans les bureaux de nos banques publiques. « Des milliards dorment dans nos caisses et quand nous demandons des financements, on refuse de prendre en considération nos projets », se désole cet entrepreneur qui est revenu en Algérie pour « apporter ma pierre au développement de son économie » après avoir travaillé au sein des plus prestigieuses entreprises internationales dans le secteur des nouvelles technologies à l’image de Borland Software Corporation, un éditeur de logiciels informatiques basé à Austin, au Texas.

Le PDG d’ISSAL a même déposé une demande de financement au niveau du Fonds d’appropriation des usages et de développements des TIC (FDAUTIC), un fonds public détenu et géré par le ministère de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Mais cette demande est restée toujours lettre morte ! Et pourtant, ce fonds bénéficie d’une importante manne financière qui est censée accompagner le développement des usages des nouvelles technologies en Algérie. Et ben, aucun intérêt n’a été accordé à ce projet porté par ISSAL. Un projet qui a a captivé le géant américain Amazon. Mais un projet qui reste bloqué à cause de l’indifférence de nos banques publiques et de nos hauts responsables au gouvernement. « Nous avons besoin de 20 millions de dollars pour un projet stratégique qui va faire avancer l’économie numérique algérienne. Nous nous engageons à rembourser ce prêt en 3 ans et nous ferons gagner des devises à notre économie. Il suffit juste que les banques jouent le jeu », conclut sur un ton amer Zine Seghier.

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