Carnage à Charlie Hebdo : Mustapha Ourad, algérien, victime de la tuerie

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Mustapha Ourad, un Algérien né à Ath Yenni, en haute Kabylie, est décédé mercredi 7 janvier dans l’attentat perpétré au siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Il fait partie des douze victimes de ce carnage.

Un ressortissant algérien a perdu la vie mercredi dans l’attentat, commis hier en fin de matinée au siège de la rédaction de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, à Paris. Il s’appelle Mustapha Ourad, il était âgé de 60 ans. Au moment où les deux terroristes, lourdement armés, pénétraient à l’intérieur du bureau de Charlie Hebdo, Mustapha Ourad assistait à la réunion hebdomadaire de la rédaction. Froidement, les deux hommes ont tiré à bout portant sur l’équipe, décimant en quelques minutes quasiment l’intégralité de la rédaction de Charlie Hebdo. Au total, se sont 8 journalistes et caricaturistes qui sont morts, en plus de Franck Brinsolaro, brigadier, Ahmed Merabet, policier, Frédérick Boisseau, agent de maintenance : Jean Cabut dit « Cabu », directeur artistique, 75 ans, Stéphane Charbonnier dit « Charb », directeur de la publication, 47 ans, Philippe Honoré, dessinateur, Bernard Verlhac dit « Tignous », dessinateur, 57 ans, Georges Wolinksi, 80 ans, Elsa Cayat, chroniqueuse, Bernard Maris, économiste, 68 ans, Michel Renaud, invité de la rédaction et, donc aussi, Mustapha Ourad, correcteur à Charlie Hebdo.

Mustapha Ourad est né dans le village d’Aït Larba, dans la daïra d’Ath Yenni (wilaya de Tizi Ouzou) en 1954. À l’âge de 20 ans, et après des études de médecine et de journalisme, ce Kabyle quitte sa région pour un voyage en France, payé en partie par ses amis, témoigne anonyme un membres de sa famille.

Un homme discret et professionnel

Sur sa page Facebook, la daïra de Ath Yenni retrace le parcours de Mustapha Ourad, dans un message posté ce jeudi 8 janvier. « Après un parcours chaotique, il avait intégré une maison d’édition puis divers journaux où il était apprécié pour ses qualités de correcteur, son érudition, mais aussi son sens aigu de l’autodérision, peut-on encore lire. Autodidacte, cet homme discret impressionnait ses amis par sa culture, notamment des philosophes et de Nietzsche en particulier. Il avait pour livre de chevet le livre d’Albert Cossery, Mendiants et orgueilleux. Ses amis se disent « anéantis » par la perte d’un « homme très aimé ». »

Après avoir longtemps travaillé pour le magazine mensuel Viva, Mustapha Ourad a rejoint en 1997 l’équipe de Charlie Hebdo. Ce jeudi, dans un message émouvant, ses anciens collègues à Viva pleurent la perte d’un homme « discret » et « professionnel ».  « C’était un homme discret, plus que discret, mais toujours présent et efficace. Un vrai professionnel que tous respectaient. Mustapha ne parlait jamais de lui mais s’inquiétait des autres. Toujours aimable et optimiste. Il n’aurait pas aimé d’hommage. Mais au lendemain de ce jour terrible, nous pensons à lui, mort pour la seule liberté d’expression. Nous pensons à ses proches, à sa famille et à ses enfants qui ont perdu hier leur papa », a écrit, encore sous le choc, l’équipe de Viva.