Une semaine après le début des manifestations anti-gaz de schiste à In Salah, dans la wilaya de Tamanrasset, la colère monte d’un cran ce jeudi 8 janvier et la mobilisation se prépare dans d’autres wilayas du Grand Sud. Une rumeur faisant état du refus du gouvernement de renoncer à l’exploitation du gaz de schiste en est à l’origine.

Le vent de révolte anti-gaz de schiste qui souffle sur la ville d’In Salah depuis une semaine risque d’atteindre pratiquement toutes les wilayas du Grand Sud. Ayant eu vent d’une rumeur faisant état d' »une réunion entre Abdelmalek Sellal et des parlementaires issus des wilayas de Tamanrasset et Ouargla, tenue hier à 20h à Alger » à l’issue de laquelle le Premier ministre aurait demandé aux députés et sénateurs d' »assumer leurs responsabilités en convainquant les manifestants de mettre un terme à leur mouvement ». « Sellal a dit à ses élus (les parlementaires), je dis bien ses élus car la population ne les considère plus comme les leurs, qu’il n’est pas question de renoncer à l’exploitation du gaz de schiste », affirment des militants anti-gaz de schiste d’In Salah et d’Adrar, contactés par nos soins.

La mobilisation anti-gaz de schiste gagne tout le Sud

Se disant « outrés par cet énième signe de mépris de la part du pouvoir envers non seulement les populations du Sud mais tout le peuple algérien, car cette catastrophe écologique programmée concerne tout le pays », nos interlocuteurs annoncent une grande mobilisation dans plusieurs wilayas saharienne samedi prochain. « Nous sommes entrain de coordonner nos efforts afin d’agir en bloc. Pour le moment, nous nous sommes mis d’accord sur le principe d’organiser des manifestations simultanées dans les wilayas de Tamanrasset, Adrar, Laghouat, Illizi, Ouargla et Ghardaïa. Pour cette dernière, la manifestation sera organisé dans la ville de Metlili pour des raisons sécuritaires. En sus d’In Salah bien sûr », affirment nos sources, qui ajoutent que « la réunion de coordination entre les représentants des différentes wilayas suit toujours sont cours, et il ne reste qu’à déterminer la nature de ces actions de protestation ».

A In Salah, où le rassemblement de protestation devant le siège de la daïra se poursuit toujours, la mobilisation citoyenne a pris de l’ampleur depuis le début d’après-midi d’hier mercredi, suite à la non venue du Premier ministre, contrairement à ce qui avait été annoncé aux manifestants par les autorités locales qui ont échoué dans leurs tentatives de calmer leur colère. Quant à la délégation d’experts gouvernementaux qui se serait déplacée hier sur place avant de rebrousser chemin directement de l’aéroport d’In Salah faute d’accueil citoyen, les rumeurs les plus folles circulent parmi les manifestants à ce sujet. Est-elle vraiment venue ? Est-elle rentrée à Alger ? Se trouve-t-elle encore à In Salah dans un hôtel de la région ? Autant de questions que se posent la population locale. Mais pour les représentants des manifestants, ces questions ne se posent même pas. « Ces annonces sont destinées à semer la zizanie parmi les manifestants, jusque-là très soudés. Notre revendication est claire comme l’eau de roche: l’annonce solennelle par le Premier ministre de l’arrêt immédiat de l’exploitation du gaz du schiste en Algérie », tranchent les représentants des manifestants, joints au téléphone. A noter qu’une autre marche des étudiants du centre universitaire de Tamanrasset a eu lieu ce matin dans le chef-lieu de wilaya.

Soulignons enfin le silence radio du gouvernement sur cette revendication citoyenne depuis le début des manifestations à In Salah, le 1er de ce mois de janvier. A défaut de réaction officielle, les rumeurs courent et tous les scénarii sont possibles.