Pour tenter de calmer la colère des habitants de In-Salah, Abdelmalek Sellal a indiqué, ce soir lors d’une intervention à la télévision publique que « l’Algérie ne va pas exploiter le gaz de schiste avant au moins 2022 ».

Abdelmalek Sellal a même indiqué que dès «la finalisation du deuxième puits expérimental, en 2016, les travaux vont s’arrêter définitivement pour laisser place aux recherches qui vont durer jusqu’à 2022 ». « Nous avons même prévu la construction d’un centre de formation » dans les domaines liés au gaz de schiste, précise le premier ministre qui ajoute que « Sontrach ne maîtrise même pas la technologie » pour exploiter le gaz de schiste. Est-ce suffisant ? Difficile de répondre. Mais Sellal a tenté de jouer sur les sentiments de habitants de la région en affirmant qu’il ne permettra «jamais de polluer l’eau» de la nappe phréatique.

Sellal a profité de l’occasion pour indiquer que les actuelles réserves de l’Algérie ne suffisent pas à couvrir les besoins du pays au-delà de 2037. D’où la nécessité de chercher d’autres ressources énergétiques ; « On ne peut tout de même pas priver Sonatrach de cette technologie, tout comme nous ne devons pas rester en marge du monde », dit-il en citant une dizaine de pays qui exploitent déjà le gaz de schiste, à l’image des USA, l’Angleterre, la Chine et la Pologne.

Sur un autre registre, le premier ministre a avoué que les « prix du pétrole ne vont pas rester éternellement à 120 dollars le baril », a-t-il dit. Pis, «selon toutes les estimations, les prix plafonneront à 77 dollars en 2019. Pour cette année, les prix seront à moins de 50 dollars ».

Pour faire face à certaines grandes dépenses, le premier ministre a indiqué que des entreprises publiques vont faire appel à des prêts bancaires. C’est le cas de l’Entreprise portuaire d’Alger qui va réaliser un port à Ténès et de l’entreprise de gestion de l’aéroport d’Alger qui construira une nouvelle aérogare internationale.

Sur le plan politique, Sellal a réitéré l’engagement de son gouvernement de poursuivre sa politique sociale et de ne pas « interrompre les projets en cours de construction ». Mais il incite les entreprises nationales à utiliser les produits locaux. Tout comme le retour du crédit à la consommation pour les produits nationaux qui répondent notamment à l’exigence d’avoir un taux d’intégration à 40%.

Essaïd Wakli

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