Les imams rétrogrades sévissent encore. Un « mufti », prétendent détenir un doctorat, a écrit, dans l’édition de vendredi du quotidien arabophone Echorouk que prononcer la khotba (prêche de vendredi) en langue berbère n’est « pas autorisé ». Selon le mufti, qui s’appelle Moussa Ismaïl, seule « la langue arabe doit être admise » lors du prononcé du prêche de vendredi. Il admet, tout de même, « la traduction de certains passages » dans le cas où l’auditoire ne comprend pas la langue arabe.

Cet avis confirme de plus en plus que les nouveaux imams, ceux qui s’érigent en maître de l’exégèse religieuse, affichent facilement leur hostilité à la culture berbère. Pis, cela donne l’image d’une interprétation sectaire de la religion qui ne reconnaît qu’une seule langue : l’arabe. Pourtant, des textes bien connus de la religion musulmane ne font aucune distinction de langue ou de race. Mieux, il est dit que cette religion universelle est destinée « au monde entier ». Preuve en est, des millions de citoyens dans le monde entier sont musulmans sans parler l’arabe. Ce discours ne pourra donc diffuser que de la haine et l’exclusion. Sinon comment s’adresser à des millions de personnes dans une langue qu’ils ne comprennent pas ? Cela n’a aucune autre explication que l’ignorance, voire le racisme.

 Essaïd Wakli

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