« Une caricature, je fais des efforts, mais moi ça ne me choque pas », c’est avec ces paroles sincères que le caricaturiste algérien Ali Dilem a témoigné sur un plateau de la chaîne de télévision française Canal+. Un témoignage émouvant au cours duquel Ali Dilem est revenu sur sa relation avec les dessinateurs assassinés dans un attentat terroriste barbare commis contre la Rédaction du Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique. 

« S’il y des lois qui m’autorisent, je ne vais me gêner à dessiner le Prophète », a révélé sans aucune autocensure le célèbre caricaturiste du quotidien Liberté qui a avoué sur le plateau de l’émission Supplément qu’il ne comprenait pourquoi les gens étaient choqués par une « caricature ». « Vous voulez être choqués, c’est très simple : soyez choqués par ce qui se passe avec Boko Haram au Nigeria, soyez choqués lorsque des nigérians sont embarqués dans des camions et jetés au sud parce qu’on ne veut pas des noirs chez-nous », lance avec exaspération Ali Dilem qui s’est également opposé à ces accusations d’islamophobie qui étaient régulièrement colportées à l’encontre des dessinateurs du Charlie Hebdo.

« Prenez un Charlie et regardez combien de dessins condamnant les massacres à Gaza ont été publiés. Et comparez ce nombre à celui des dessins du Prophète. Je vous promet que même moi dans mon confort algérien, où je pourrais limite faire des dessins antisémites, je n’aurais jamais osé faire ce qu’ils ont osé dessiner pour condamner le gouvernement israélien », témoigne encore Dilem selon lequel il est injuste de réduire Charb, Cabu et les autres dessinateurs du Charlie Hebdo à une bande d’islamophobes. « Ils s’amusaient avec des sujets graves. Mais la gravité est excusée par le génie qu’ils mettaient dans leurs dessins », conclut en dernier lieu le caricaturiste algérien.

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