Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa, semble vouloir s’attaquer au radicalisme religieux. Il a indiqué, ce mardi, que le gouvernement a accepté la mise sur pieds d’un «Observatoire national de lutte contre l’extrémisme religieux en Algérie».

En quoi consiste cet observatoire ? Le Ministre n’a, pour l’instant, pas donné trop de détails à propos de ce projet qui se concrétisera «très prochainement». Néanmoins, il a signalé que cette structure sera composée «des cadres du ministère des Affaires religieuses et d’autres  secteurs tels l’Education, la Culture et l’Intérieur». Il aura pour mission «l’analyse des phénomènes liés à l’extrémisme religieux, la mise à nu des plans élaborés en la matière et la proposition des solutions idoines». Ceci, dans la mesure où «certaines parties exploitent les espaces éducatifs, culturels et ceux pour jeunes en vue de faire passer des idées qui prônent l’extrémisme  religieux».

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Ambiguïté au sommet de l’Etat

Il est fort à parier, à priori, que les autorités vont se pencher sur les discours propagandistes prônés par certains sur les réseaux sociaux notamment et même certains médias. Le Ministre des Affaires religieuses va-t-il réussir à convaincre les plus hautes autorités du pays à réagir vis-à-vis des propos radicaux tenus par une mouvance islamiste ? Rien d’évident. Il y a quelques semaines, le Ministère de l’Intérieur a «toléré» une manifestation publique durant laquelle des slogans «pro Daech» ont été scandés. Les calculs politiques prennent souvent le pas sur la volonté de changement ou de réforme des uns. «Une réforme radicale du cours de religion ainsi que la mise en place d’un enseignement du fait religieux au-delà de l’Islam sont indispensables car l’éducation religieuse, telle que dispensée à l’heure actuelle en Algérie, est obsolète», avait estimé, le 6 février dernier, islamologue algérien Saïd Djabel Kheïr, contacté par nos soins.

Elyas Nour