L’expulsion manu militari, jeudi à Paris, dune trentaine de « chibanis » de l’hôtel vétuste où ils résidaient depuis plus de 20 ans pour certains, remet au devant de la scène le triste sort de ces retraités qui ont, leurs belles années durant, travaillé pour la prospérité de la France.

Arrivés du Maghreb dans l’euphorie du formidable essor économique des « trente glorieuses », ils ont vécu dans un entre-deux traumatisant. Ni vraiment intégrés à leur société d’adoption, ni retournés au pays à l’issue de leur parcours professionnel, les « chibanis », littéralement les vieux aux cheveux blancs en arabe dialectal, ont végété dans un environnement fait de précarité et d’indifférence. Ces hommes se sont retrouvés au moment de leur retraite, singulièrement lésés comparativement aux travailleurs de nationalité française ayant exercé le même emploi.

Qualifiés à leur arrivée de « jeunes travailleurs, » on estime entre 800 000 et 850 000 les personnes relevant de ce « statut de précarité », dont 350 000 ont plus de soixante-cinq ans. À l’origine du statut précaire des « chibanis » se trouve la rédaction des contrats de travail. Du fait de leur origine « non française », les travailleurs immigrés se voyaient proposer des contrats particuliers, ou enchaînaient les petits boulots ou les postes mal rémunérés.



R.I.

 

 

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