Face à la vague d’indignation soulevée sur les réseaux sociaux par les informations faisant état des dépenses astronomiques de Sellal à Paris, le gouvernement algérien s’est, comme de coutume, enfermée dans le mutisme.

Alors qu’il appelle les Algériens à plus d’austérité, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ne lésine pas sur la dépense lorsqu’il s’agit de ses proches. Le magazine panafricain, Jeune Afrique, révèle, dans son avant-dernier numéro mis en ligne, que la délégation qui a accompagné le Premier ministre lors de son récent déplacement en France ,a coûté à l’Etat la bagatelle de 70 000 Euros en deux jours. Le hic est que la note a été réglée, sur le champ, par le régisseur du Premier ministère qui était du voyage.

Plus, la même source ajoute que l’ambassade algérienne à Paris a loué quatre véhicules et deux fourgons pour les besoins de la délégation. La représentation diplomatique a également « prélevé sur son propre parc une dizaine de véhicules qu’elle a mis à la disposition des responsables et des journalistes des médias publics ».

S’il est normal qu’une délégation de haut niveau soit bien prise en charge, rien n’explique, en revanche, de telles dépenses. Surtout que l’Etat algérien dispose, à Paris, de plusieurs résidences susceptibles d’accueillir des visiteurs de haut rang. Pis, mobiliser une telle somme au moment où l’Etat demande aux Algériens de se serrer la ceinture relève de la mauvaise foi. Pourtant, dans une lettre adressée aux ministères et administrations locales, Abdelmalek Sellal demande de réduire les dépenses liées aux déplacements et réceptions. Ne faut-il pas commencer par donner l’exemple ? Décidément, non ! Soulignons enfin que les frais de mission des diplomates algériens en déplacement à l’étranger ou des directeurs généraux du ministère des Affaires Etrangères ainsi que ceux des autres ministères ne dépassent pas les 150 euros par jour, a-t-on appris de plusieurs sources officielles. Mais combien touche un ministre ou un Premier ministre lorsqu’il se déplace à l’étranger ? Une opacité étrange règne autour de cette question.

Avec Essaïd Wakli