Des milliers de personnes ont pris part dans la matinée de ce jeudi 12 février 2015 au grand rassemblement tenu sur la « Place de la résistance », devant le siège de la daïra, à l’appel du collectif citoyen anti-gaz de schiste d’In Salah.

Deux résolutions phares ont été prises à l’issue de ce conclave. La première consiste au « lancement d’une pétition pour l’instauration d’un moratoire sur les opérations de forage de gaz de schiste », a-t-on appris de sources locales. La seconde prévoit « le déplacement de tous les habitants d’In Salah sur le lieu des forages, à Gour Lahmar, à une trentaine kilomètres de la ville ». Si ce moratoire n’est pas décidé d’ici dimanche, « les 40 000 habitants que compte In Salah » rejoindront les quelques dizaines de concitoyens qui y manifestent depuis quelques jours déjà.

Les pouvoirs publics, de leur côté, semblent loin d’être prêt à faire machine arrière et à renoncer aux « forages-pilotes » de cet hydrocarbure non conventionnel. Preuve en est, d’après nos sources, le renforcement du dispositif sécuritaire au niveau des champs gaziers de la région. « Hier, il y a eu un renfort de gendarmes, la mobilisation de deux avions (militaires) et des chiens policiers (brigade canine, ndlr). Ce matin, des policiers anti-émeute ont été déployés sur la route menant vers les puits gazier », affirme un citoyen d’In Salah. Un autre activiste souligne, pour sa part, que des « escarmouches ont eu lieu hier soir entre les gendarmes et les manifestants et la situation a failli dégénérer. La sagesse de quelques citoyens a pu heureusement calmer les esprits ». Au champ de gaz conventionnel de Hassi Moumène, « des éléments et des engins lourds de l’armée ont été déployés », ajoutent nos sources.

Nos tentatives pour joindre le chargé de communication de la Gendarmerie nationale n’ont pas abouti. Celui de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), quant à lui, nous a dit en milieu d’après midi qu’il nous rappellerait lorsqu’il aura contacté ses subalternes à In Salah. A l’heure où nous mettons sous presse, il n’a toujours pas rappelé.

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