In Salah: l’invitation au dialogue de la Présidence sème la zizanie parmi les manifestants anti-gaz de schiste

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Au moment où la mobilisation anti-gaz de schiste est plus que jamais relancée, suite à l’organisation ce week-end de plusieurs actions de protestation tant à travers le territoire national qu’à l’étranger, les représentants du mouvement citoyen d’In Salah, ville emblématique de la lutte contre l’exploitation de ce gaz non conventionnel en Algérie, sont confrontés à un dilemme et pas des moindres.

Etant invités par la Présidence de la République à désigner une délégation les représentants à se rendre au Palais d’El Mouradia pour entamer un dialogue direct avec un représentant de Abdelaziz Bouteflika, les porte-paroles des manifestants ne savent toujours pas quelle réponse donner à cette sollicitation. Officieuse, car rendue possible « grâce à l’intermédiation de deux parlementaires de la région » et jamais annoncée par un canal officiel, l’ « offre présidentielle divisent les manifestants »,, a-t-on appris de sources locales.

D’un côté, les délégués des manifestants, communément appelé « groupe des 22 », sont pour la plupart favorables au déplacement à la Présidence. Leur avis est quasi-unanimement partagé par les « sages » d’In Salah. De l’autre, les manifestants, dans leur majorité, notamment les jeunes, s’y opposent. Ces derniers exigent « la venue d’un représentant du chef de l’Etat à In Salah ou une annonce solennelle du renoncement du gouvernement à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie », ajoutent nos sources.

Quoique la liste des 30 délégués devant se rendre à Alger a été fixée, les représentants des manifestants tergiversent et ne veulent pas s’aventurer à traduire leur décision sur le terrain par crainte de susciter un mécontentement quasi-général chez les manifestants. Ils s’affairent donc ces deux derniers jours à confronter leurs arguments à ceux des récalcitrants à travers des interventions publiques à la « Place de la résistance » et sur les réseaux sociaux dans l’objectif de trouver un compromis qui ne risquerait pas de provoquer un effritement du mouvement. En attendant, la mobilisation qui entame son deuxième mois ne connaît pas de répit à In Salah où le sit-in permanent est toujours maintenant sur l’esplanade du siège de la daïra, affirment nos sources.