Les chômeurs algériens s’élèvent contre l’enlèvement de Ali Attar

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Le pouvoir a-t-il décidé d’en finir avec la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), en utilisant des manières qu’on croyait révolues depuis longtemps : Les disparitions forcées, l’intimidation à travers l’envoi de barbouzes, menaces de mort … etc ? C’est ce qu’ont fait savoir les militants de cette coordination, lors de la conférence de presse qu’ils ont tenue ce lundi 16 février, au siège de SOS Disparus, à Alger.

« Depuis le premier trimestre de cette année, nous faisons face à des pressions terribles de la part du système : Des menaces, des intimidations, des disparitions forcées, des jugements en contradiction avec les lois algériennes. Ils veulent faire disparaître notre mouvement, à qui ils refusent toujours de donner un agrément. Pourtant, on ne demande que nos droits les plus élémentaires. On demande du travail, c’est tout » déclare Abdelaziz Nourdine, chargé de communication de la CNDDC. Les membre de ce mouvement ne comptent pas baisser les bras, et leur détermination ne fait que se renforcer. « Nous allons continuer à lutter pour défendre nos droits de manière pacifique et civilisée comme on l’a toujours fait. Mais avec encore plus de déterminations et de courage », dit-il.

« Ils veulent nous faire coller l’étiquette de la mains de l’étranger. Ce sont eux la main de l’étranger. C’est bien eux qui ramènent des entreprises étrangères pour spolier nos richesses nationales. On ne fait que défendre nos droits au travail. C’est un droit élémentaire. Nos jeunes sont en train de périr en Méditerranée, en essayant de fuir la misère et le chômage dans notre pays »,  déclare Fatah Madi, membre de la CNDDC.

Cas de disparition forcée à Alger

Le cas de disparition forcée dont est victime l’un des membres de cette coordination, à Alger, Ali Attar en l’occurrence est frappant. « C’est un jeune de 28 ans, diplômé en informatique. Il a disparu depuis le 9 février passé. Pris par 8 policiers dans un cybercafé à Ruisseau, où il travaille. Depuis son enlèvement, sa famille n’a aucune nouvelle de lui », affirment Sinigri Abdelmalek, un autre membre de la CNDDC. « Ali Attar est un militant de la LADDH, et activiste avec la CNDDH », dit-il. Les membres de sa famille qui étaient présents lors de la conférence témoignent du calvaire qu’ils vivent depuis sa disparition forcée. « On ne sait même pas dans quelle prison ou commissariat où il se trouve à l’heure actuelle, ni quel sort lui a été réservé. On n’a aucune nouvelle de lui depuis sa disparition. si ce n’est les voisins qui nous avaient alertés que c’est des policiers qui l’ont pris, on ne le savait même pas », avouent-ils. « 8 policiers sont venus à bord de quatre véhicules. Ils se sont introduits dans la cybercafé où il travaille. Ils l’ont embarqué, et ont pris également l’unité centrale de l’ordinateur sur laquelle il travaille », témoignent-ils encore dépités. Les services de police ne se sont pas contentés d’enlever Ali Attar, mais ont aussi fait courir sa mère, une vieille femme, à travers tous les commissariats d’Alger. « Ils [Les policiers NDLR]se sont présenté à notre domicile mercredi dernier pour fouiller toute la maison. Ils ont pris l’unité centrale de son ordinateur. Je leur ai demandé me laisser voir mon fils, ou de savoir où il se trouve au moins. Que je puisse au moins lui ramener des habits ou de la nourriture. Le policier m’avait promis de le voir le lendemain si je vais au commissariat de Cherraga. Le lendemain, je me suis présenté dans ce commissariat, mais ils m’ont renvoyé vers un autre commissariat. D’un commissariat à l’autre, les policiers m’ont fait courir ainsi durant toute la journée. Épuisée, à 17h je suis rentré chez moi », raconte-t-elle.

Les membres de la famille Attar, ainsi que l’association SOS Disparus, appuyés par le réseau d’avocat de la LADDH comptent saisir des ONG internationales. « Un appel urgent sera lancé pour ce cas de disparition forcée. Car c’en est bien un », a déclaré Hacène Ferhati, membre de SOS Disparus.

Le père et la mère de Ali Attar, au siège de SOS Disparus, à Alger.
Le père et la mère de Ali Attar, au siège de SOS Disparus, à Alger.

Tous pour la libération de Khencha et de ses compagnons

« Le cas de Belkacem Khencha est, pour les membres de la CNDDC, un cas d’intimidation qui saute aux yeux. C’est homme intègre, connu et respecté dans toute sa ville pour être quelqu’un d’exemplaire. Il est président du comité de quartier de sa ville, et il est également membre de la CNDDC. Les policiers veulent lui coller une étiquette qui ne passe même avec sa personne », déclarent les membres de la CNDDC. Pour ces activistes « Khancha a été emprisonné pour son militantisme et son engagement pour la défense des droits de chômeurs et pour la protection de l’environnement ». Les militants ayant été condamnés et emprisonnés avec Khencha observent actuellement une grève de la faim. Leurs avocats sont empêches de leurs rendre visite, selon les conférenciers. Mais la solidarité envers ces militants ne fait que grandir. « Le jour de leur procès en appel, on sera tous là-bas. Tout les chômeurs de la CNDDC observeraient un sit-in devant la tribunal de Laghouat pour exiger que ces citoyens humbles et honnêtes soient libérés », promettent-ils.

Arezki IBERSIENE