Le classement mondial de la liberté de la presse 2015, de Reporters sans frontières (RSF), relève une détérioration générale de la liberté d’expression. « Un recule qui concerne tous les continents », affirment-ils dans un communiqué transmis à notre rédaction.

Notre pays est très mal loti dans ce classement mondial de référence. L’Algérie occupe la 119e place avec 36,63 points, sur une liste de 180 pays. Soit juste derrière le Mali, un pays pourtant en guerre, à la 118e place, et devant les Emirats arabe unis, qui sont connus pour être très un mauvais élève en matière de liberté d’expression. Dans ce classement RSF, la Zambie, le Nigeria, et même le Qatar sont classés loin devant l’Algérie.

Les trois pays champions de la liberté d’expression sont des pays nordiques, à savoir la Finlande, qui occupe pour la cinquième année consécutive la première place, suivie par la Norvège en deuxième position, et en troisième place le Danemark. La liste des 180 pays établie par RSF est clôturée par l’Érythrée, qui occupe la dernière place, devant la Corée du Nord, en 179e place et le Turkménistan en 178e place.

La liberté de la presse, qui a coûté un lourd tribu à la corporation journalistique en Algérie durant les années 90, ne cesse de se dégrader dans notre pays. Le chantage à travers la publicité institutionnelle est la ruse utilisée par le régime dictatorial algérien, notamment sous l’ère Bouteflika, pour bâillonner la presse et verrouiller la liberté d’expression. Et pour museler les médias indépendants, l’actuel ministre de la communication, Hamid Grine, est ouvertement accusé par une partie de la  presse nationale de mettre la pression sur les entreprises privés pour ne pas qu’ils signent de contrat publicitaire avec ces rares médias qui gardent leur autonomie, et indépendance.

Arezki IBERSIENE