Plus de 8.000 personnes ont assisté au premier meeting des boycotteurs à Alger le 21 mars. Photo : Djamila Ould Khettab

L’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) s’attelle à l’organisation de rassemblements populaires à travers toute l’Algérie et à Paris le 24 février prochain, date qui renvoie à la nationalisation des hydrocarbures, dans un contexte tendu. Samedi dernier, les autorités ont effectivement refusé d’autoriser une réunion thématique des partis membres de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD).

L’opposition prépare la riposte. Trois jours après l’interdiction de sa conférence, qui devait se tenir samedi dernier à l’hôtel Safir à Alger et porter sur le thème des « Elections et conditions de leur régularité », la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) planche sur sa prochaine échéance. Dans son agenda, en effet, l’appel à manifester contre l’exploitation du gaz de schiste et en soutien du mouvement citoyen à In Salah, le 24 février prochain, jour anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, lancé par l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO). 

Presque un an après sa création, la Coordination s’apprête à connaître sa première réelle épreuve de terrain. Elle promet d’être présente le 24 février prochain sur l’ensemble du territoire national. Pour l’heure, seules les régions à l’est du pays ont véritablement organisé ce rendez-vous. À Béjaïa, les membres de la CNLTD distribuent depuis quelques jours, sur le campus universitaire et dans les communes environnantes, des tracts invitant la population à marcher le 24 février à partir de 11h. D’après ce document, la marche s’élancera de la maison de la culture Taos Amrouche et les manifestants tenteront de rallier le siège de la wilaya. À Tizi Ouzou aussi, les détails de l’organisation de la marche du 24 févier prochain sont connus. Selon un tract diffusé en ville, les manifestants sont invités à se rassembler à partir de 13h devant l’université Mouloud Mameri. À Annaba, le bureau de la Coordination a déjà fait savoir que le rassemblement se déroulera dans la matinée, en centre-ville.

Un rassemblement organisé à Paris …

Pour sa première épreuve de terrain, la Coordination dépasse les frontières nationales. L’appel de l’ICSO sera effectivement entendu jusqu’à Paris où les représentants en France des partis politiques réunis au sein de la CNLTD – à savoir El Adala France, HMS France, Jil Jadid Europe et RCD France – appellent à manifester le 24 février à 17h devant le consulat général d’Algérie, indique un communiqué de la CNLTD France, rendu public ce mardi 17 février.

Le flou à Alger

Cependant à Alger, du fait notamment de la circulaire de 2001, interdisant les rassemblements sur la voie publique, l’événement est plus compliqué à organiser, reconnaît l’opposition. Si les membres de la coordination, contactés par nos soins ce mardi, assurent que le rendez-vous aura bien lieu, malgré l’intervention des autorités samedi dernier pour interdire leur réunion thématique, ils disent ne pas s’être encore entendus sur les détails de l’organisation de cette manifestation, dénonçant le forage de puits-pilotes dans la région de In Salah. Selon des indiscrétions, l’ICSO devrait appeler les opposants à se rassembler soit place de la Grande Poste soit place du 1er mai. Une chose est sûre, l’opposition préfère tenir un sit-in plutôt que d’organiser une marche dans les rues de la capitale. « On s’attend quoiqu’il en soit à une réaction forte des services de sécurité mais on n’a pas d’autre choix que de descendre dans la rue. Le système bouteflikien nous prive de notre droit le plus absolu, qui est de pouvoir tenir des réunions et des meetings dans des salles en tant que parti politique agréé par le ministère de l’Intérieur. Alors on est obligé de faire de la politique dans la rue », estime Sofiane Sekhri, porte-parole de Jil Jadid.

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