La précarité sociale, le chômage, la pauvreté, la crise de logement et la rudesse des conditions de vie continuent à pousser de plus en plus de citoyens algériens vers les abîmes du désespoir. Salah Aissaoui est la dernière victime de ce phénomène social qui prend une ampleur inquiétante en Algérie. Hier lundi ce citoyen d’Annaba a tenté de s’immoler par le feu pour protester contre sa condition misérable.

Selon la Protection civile, le drame s’est produit hier lundi, devant le siège de l’APC d’El Bouni dans la wilaya d’Annaba quand un homme, la trentaine, répondant au nom de Salah Aissaoui a tenté de se suicider en s’immolant par le feu. Ce père de famille victime d’une profonde crise de désespoir n’a pas trouvé un meilleur moyen pour revendiquer ses droits et se faire entendre par les autorités concernées qu’en s’aspergeant d’essence et en s’immolant. Même si la victime n’a pas succombé à sa tentative de suicide, elle est actuellement hospitalisée pour brûlures de second niveau.

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« Donnez-moi un logement ! »

Salah Aissaoui est un père de famille qui vit depuis des années dans une condition précaire. Vivant dans le bidonville d’El Hijira, cet homme, comme plusieurs victimes de l’immolation en Algérie, réclamait uniquement une vie digne. Parmi ses principales revendications : bénéficier d’un logement. N’est-ce pas là un droit élémentaire ? Pourtant, dans notre société, la liste des victimes de l’immolation par le feu ne cesse d’augmenter et la situation devient dangereuse. Il est à rappeler que la Ligue Algérienne pour la défense des Droits de l’Homme LAADDH, ne cesse d’interpeller les pouvoirs publics pour prendre plus aux sérieux les revendications sociales des tranches défavorisées. Dans un communiqué publié en octobre dernier, la LAADDH a directement accusé les décideurs algériens, « en raison de leurs décisions politiques prises depuis plusieurs années et qui se font au détriment des populations défavorisées quel que soit le domaine touché par ces décisions ».

Nourhane. S.