Plus rien ne résiste à la mafia de l’importation. Celle-ci a obligé notre pays à importer tout et n’importe quoi y compris des produits artisanaux fabriqués depuis des siècles par nos ancêtres. Preuve en est, aujourd’hui, même un manteau aussi traditionnel et si symbolique de la culture algérienne comme le burnous ou la « qashabia » est importé de Chine ! 

A Messaad, une commune située au sud de la wilaya de Djelfa, les artisans et la population locale n’en croit pas leurs yeux. Des importateurs viennent d’inonder le marché Algérien avec des burnous et des qashabia « made in China » écoulés à des prix très bas, à savoir environ 6000 Da alors que la qashabia algérienne traditionnelle son prix est fixée à 30 mille Da. Des qashabia chinoises qui imitent les qashabia algériennes, fruit d’un savoir-faire séculaire. « Ces qashabia importées sont en réalité de la contrefaçon ! Cette pratique commerciale déloyale a détruit entre 70 mille et 80 mille emplois à Messaad. Ce sont les femmes qui ont perdu leurs emplois car c’est elles qui font le tissage.  Notre production locale est très menacée et notre tradition risque de disparaître à cause de ces importateurs », confie un fabricant de burnous à notre confrère Nassim Brahimi qui a réalisé un reportage à ce propos pour le compte de la chaîne de télévision privée Dzair News TV.

A Messaad, réputée dans toute l’Algérie pour ses « qashabia », les habitants tirent la sonnette d’alarme : « les qashabia chinoises ne sont pas fabriquées avec de la laine. Elles sont composées de produits chimiques très dangereux pour la santé. D’ailleurs, plusieurs problèmes de santé ont été provoqués par ces produits importés sans aucun contrôle de l’Etat ! Où est notre ministère du Commerce ? Et celui de l’Artisanat ? Pourquoi personne n’arrête ces lobbys qui menacent notre tradition et notre santé ? », s’interrogent  enfin les artisans de Messaad.

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