19 mars: Du Folklore encore et toujours

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L’Algérie célèbre, le 19 mars de cette année, le 53ème anniversaire du cessez-le feu qui a précédé l’indépendance de l’Algérie. Cette date, baptisée par le pouvoir «Journée de la victoire» est devenue, depuis l’indépendance, une journée où le folklore prend le dessus sur la vraie histoire.

Pour commémorer cette date charnière dans l’histoire du pays, les autorités ont recours, une nouvelle fois, au folklore. L’écriture de l’Histoire et la transmission de celle-ci aux générations futures ne semble plus être une priorité pour des responsables qui ne se soucient que de leur propre image.

Preuve en est que 53 ans après cet événement qui a vu prendre fin 132 ans de colonisation, seules les voix officielles sont autorisées à s’exprimer, du moins sur les médias publics. Seule la version officielle d’un clan, qui a notamment rejeté les Accords d’Evian, est admise. Preuve en est que cette période de l’Histoire récente du pays n’est pas enseignée, du moins pas suffisamment, à l’université. Les rares enseignants qui ont osé encadrer des thèses sur cette période sont soit mis à l’écart, soit totalement interdits d’exercer. Quand aux étudiants qui veulent préparer des thèses sur le sujet, ils sont tout simplement interdits de le faire.

En plus de refuser des travaux liés à la fin de la guerre d’indépendance, et plus généralement aux dernières décennies de la période coloniale, les autorités ne prennent même pas la peine d’organiser des conférences à l’intérieur des établissements universitaires. Une manière de nier l’existence de tout événement marquant durant cette période.

Coté français, par contre, c’est le déni qui occupe le devant de l’affiche. Les nostalgiques de l’Algérie française ne veulent pas de cette date comme celle de la fin de la « guerre d’Algérie », malgré l’existence d’un texte dans ce sens. C’est ainsi que l’inénarrable maire de Béziers, dans le sud de la France, Robert Ménard,  a mis en berne les drapeaux de sa ville.

Entre les nostalgiques de l’Algérie française et le pouvoir, les Algériens attendent encore pour connaître leur Histoire. La vraie.

Essaïd Wakli