Université de Boumerdès: La tension persiste

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Plusieurs centaines d’enseignants de l’université de Boumerdès ont tenu un sit-in, ce lundi 16 mars, pour dénoncer le blocage des accès aux enceintes universitaires par des étudiants solidaires de de l’un de leurs camarades, qui avait…agressé un enseignant.

Le climat aux abords des facultés de la ville de Boumerdès n’est toujours pas apaisé. Quelques 200 enseignants ont organisé un sit-in, ce lundi, à partir de 9h du matin, devant le siège de la wilaya pour dénoncer la « léthargie » qui paralyse les cinq universités de la ville. « On s’est réuni à l’intérieur de l’université M’Hamed Bougara et de là, on  a essayé de lancer une marche entre le siège du rectorat et celui de la wilaya, mais les policiers nous ont empêchés. On est donc allé séparément au siège de la wilaya », témoigne un enseignant à Algérie-Focus.

Les enseignants veulent mettre un terme au blocage permanent des accès aux facultés de la ville, maintenu par des organisations estudiantines non-agréées, en guise de solidarité avec l’étudiant-agresseur qui avait levé la main sur un enseignant de la faculté de sciences économiques de Boumerdès, il y a de cela quelques semaines. « Cet étudiant a frappé son enseignant alors que celui-ci l’a pris en flagrant délit de tricherie. Il est ensuite passé en conseil de discipline et a été suspendu deux ans pour son geste. Mais depuis, de pseudo associations estudiantines mettent la pression sur la direction de l’université pour annuler la sanction et ont fermé les entrées des universités », raconte l’enseignant, qui soupçonne une connivence entre ces groupes informels de pression, composés d’étudiants-perturbateurs, et la direction de l’université de Boumerdès et du rectorat : « Les enseignants reçoivent des pressions pour que certains étudiants, mis à l’amende pour des cas d’indiscipline, soient acceptés en master alors qu’on est seulement en mars et que les inscriptions en master se font normalement en septembre. La même chose s’est passée l’an dernier. C’est comme si la direction de l’université voulait acheter la paix sociale en cédant à leur chantage ».

En empêchant enseignants et étudiants de pénétrer à l’intérieur des facultés depuis deux semaines, ces groupes de pression officieux retardent par la même le déroulement des examens du milieu d’année scolaire. « 80% des examens n’ont pas pu avoir lieu à cause du blocage », indique à Algérie-Focus un enseignant excédé.

Une délégation d’enseignants syndicalistes a été reçue par des responsables de la wilaya de Boumerdès pour faire entendre leurs revendications et, surtout, lever le blocus sur l’université, indique encore un professeur-manifestant. Mais, la wilaya ne s’est engagée à rien, selon nos sources.