C’est une information qui est quasiment passée inaperçue. Désormais, nos conversations téléphoniques peuvent être écoutées par les autorités judiciaires dans notre pays. Le Journal Officiel dans son dernier numéro explique clairement que l’article 24 du décret exécutif n° 15-65 datant du 8 février 2015, portant approbation de la modification du cahier des charges de la licence d’’établissement et d’’exploitation d’un réseau public de télécommunications de troisième génération (3G) et de fourniture de services de télécommunications au public, oblige les trois opérateurs de téléphonie mobile en Algérie de révéler le contenu de nos conversations téléphoniques aux juges qui enquêtent sur des affaires intéressant  la sécurité nationale. 

Cet article est, en effet, très clair :  L’opérateur est tenu ainsi, conformément « à la législation en vigueur, de répondre positivement et dans les plus brefs délais aux injonctions des autorités compétentes en vue de respecter les prescriptions, exigées par la Défense nationale, la sécurité publique, et les prérogatives de l’autorité judiciaire, en mettant en œuvre les moyens nécessaires, en particulier en ce qui concerne  l’apport de son concours, sur autorisation préalable écrite et délivrée par l’autorité judiciaire, en permettant l’interconnexion et les liaisons à ses équipements et  l’accès aux fichiers et autres informations détenues par le titulaire, aux organismes traitant au niveau national des questions de protection et de sécurité de systèmes de télécommunications, dans le strict respect du secret professionnel par ces organismes ».

 Cela signifie en clair qu’une écoute administrative ou judiciaire n’est possible en Algérie, que lorsque des juges délivrent un écrit préalable qui ordonne ces écoutes téléphoniques. Sinon, excepté ces cas exceptionnels, l’opérateur de téléphonie mobile doit prendre toutes « les es mesures propres à assurer le secret des informations qu’il détient sur les usagers du réseau GSM et la confidentialité de leurs communications », nous rassure enfin ce nouveau décret exécutif.