Deux étudiants algériens ont mis fin à leur jours cette semaine en France. C’est ce que nous avons appris du président de l’association ADRA, Yougourthen Ayad. «Cette triste nouvelle a bouleversé toute la communauté estudiantine algérienne en France », se désole-t-il.

Les autorités françaises n’ont pas communiqué les causes exactes qui ont mené ces deux jeunes étudiants à commettre cet acte extrême, mais le président de l’association ADRA est convaincu que ce sont les conditions sociales très difficiles vécues par les étudiants algériens en France qui les ont poussés à passer à l’acte. «Ils doivent faire face aux lourdeurs administratives et à des lois inadaptées qui les asphyxient. Ils finissent malheureusement par sombrer dans la solitude, la dépression et la déchéance », écrit-il dans un communiqué transmis à notre rédaction. Il précisera que «l’un des deux étudiants était connu, suivi et aidé par l’association ADRA ».

Pour cette association, cette perte tragique est une « perte de trop qui s’ajoute à la dizaine de cas de suicide déjà recensés l’an dernier, sur les 26 000 étudiants algériens en France.» « Jusqu’à quand cessera ce phénomène ? », se demande Yougourthen Ayad. «Aujourd’hui en France, la majorité de ces étudiants se retrouvent dans une précarité extrême, les locations d’appartement sont inaccessibles, la crise économique frappe de plein fouet toute l’Europe et le marché du travail est saturé. S’ajoute à cela une législation défavorable et discriminante à l’égard de l’étudiant Algérien », s’offusque-t-il, en précisant que « les accords du 27 décembre 1968 ne leurs permet pas de travailler plus de 17 heures par semaine »

Les autorités algériennes ne sont pas épargnées par le constat amer que dresse cette association. La prise en charge du rapatriement des dépouilles d’Algériens de l’étranger se pose encore. «Le problème du rapatriement des dépouilles d’Algériens décédés à l’étranger reste toujours d’actualité, alors que les Tunisiens et Marocains sont pris en charge par leurs Etats respectifs. Pourquoi l’Etat algérien ne s’implique-t-il pas pour aider ses ressortissants à l’étranger ? », se demande-t-il encore.

Le même représentant de cette association, qui dénonce la passivité et le laxisme des autorités algériennes face au marasme vécu par nos compatriotes établis à l’étranger, demande « au gouvernement Algérien de dégager rapidement des fonds pour le rapatriement des dépouilles en application de la loi de finance 2015, cela en attendant le dispositif de soutien en préparation.  Nous demandons à ce qu’une loi d’aide à l’autonomie de 200 euros pour les étudiants non-salariés soit votée par les parlementaires, ce qui représentera un soutien immense dans leur vie quotidienne » écrit-il.

Arezki Ibersiene

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