Après les militants du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC) de Laghouat, c’est au tour de ceux d’El Oued de subir ce que leur organisation qualifie d’ « actes de représailles ». Un militant des droits des chômeurs a ainsi été arrêté, dimanche, par la police à El Oued, une wilaya du Grand sud, située à environ 800 km au sud-est d’Alger. D’autres membres de sa famille qui se sont rassemblés aujourd’hui devant le tribunal de la ville ont été, à leur tour, embarqués. Un autre activiste y est, lui aussi, poursuivi en justice.

Rachid Aouine, président du bureau d’El-Oued de la CNDDC, a été arrêté, dimanche, par les éléments de la sûreté de daïra de Bayadha, située à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya, apprend-on d’un membre dudit bureau.

« Rachid accompagnait un autre activiste, Ferhat Messia en l’occurrence, au commissariat de Bayadha à propos d’une plainte opposant celui-ci au chef de daïra. Sur place, Rachid a été arrêté et transféré vers une destination inconnue. Quant à Ferhat, il a été malmené et humilié avant d’être relâché », raconte notre source.

Ce lundi 3 mars, des membres de la famille de M. Aouine ont observé un sit-in devant le tribunal d’El Oued pour exiger la libération de leur proche. « Tous les protestataires, dont des femmes très âgées, ont été à leur tour embarqués par la police. Jusqu’à maintenant, on ne les as pas encore relâché », affirme-t-on en milieu de journée de même source.

S’agissant de Ferhat Messia, il est poursuivi pour « atteinte à un agent de l’ordre en service » et « incitation à attroupement (non autorisé) », à l’occasion de l’ « organisation d’un rassemblement pacifique devant le siège de la daïra pour réclamer des bâches en plastique afin d’empêcher les infiltrations d’eau à l’intérieur de son domicile (lors des récentes intempéries) », indique la CNDDC dans un communiqué rendu public, signé par Abdelaziz Nordine. Initialement prévu pour hier au niveau de ladite instance judiciaire, son procès a finalement été reporté à lundi prochain, à en croire notre interlocuteur.

Dans son communiqué, la CNDDC dénonce des « arrestations arbitraires », « un traitement sécuritaire à des problèmes sociaux » et « une tentative du pouvoir de détourner le regard sur le dossier du gaz de schiste ». Elle réclame donc « la libération de tous les activistes de la CNDDC arrêtés et/ou emprisonnés pour des motifs fallacieux ».

Neuf militants de la CNDDC avaient, faut-il le rappeler, été condamnés récemment à de la prison ferme à Laghouat.

Notons enfin que nos tentatives de joindre le chargé de communication de la DGSN se sont avérées vaines.